Chapter Text
Le père de Dongchul avait dû rester à la maison ce mercredi, parce qu'il y avait un problème dans son bureau, une question de panne d'électricité ou de tuyau pété. Quoi qu'il en soit, il ne pouvait pas aller au travail, et devait rester travailler chez lui.
Et ça, Dongchul n'était pas sûr d'apprécier.
Il avait fait ses quatre heures de cours du mercredi matin, et quand il était rentré, son père était attablé dans la salle à manger, à remplir des feuilles et à pianoter sur le clavier de son ordinateur portable dans un silence concentré.
La conversation de la veille était toujours dans son esprit, du coup, il se fit à manger avec ses écouteurs dans les oreilles. Puis il mangea en silence, sans même jeter un coup d’œil à son père. Il regagna finalement sa chambre après avoir mis sa vaisselle sale dans le lave-vaisselle, toujours sans avoir ouvert la bouche.
Son père n’avait pas tenté de lui adresser un mot à vrai dire, et Dongchul ne savait pas si c’était parce qu’il travaillait, ou juste parce qu’il sentait que Dongchul était de mauvaise humeur. Quoi qu’il en soit, il préférait les chose comme ça.
Il n’avait pas encore digéré, et honnêtement, il n’était pas sûr de réussir à digérer un jour.
Il savait cependant qu’il ne devait pas trop y penser, parce qu’autrement, il n’allait ni pouvoir profiter de son après-midi, ni pouvoir se concentrer sur ses examens de langues. Alors il passa un dizaine de minutes à faire ses devoirs, en regardant un live.
Puis il fit un court appel avec ses amis avant de se décider à se mettre en route pour le café.
Son père ne réagit toujours pas quand Dongchul partit. Il ne lui avait pas demandé où il allait, quand il rentrait ou quoi. Il avait juste levé les yeux, puis regardé son fils quitter sa chambre et gagner la porte d’entrée, habillé comme prêt à traîner en ville.
Et Dongchul était effectivement prêt à traîner en ville.
Il avait retiré son uniforme, et enfiler une tenue plus confortable. Il avait pris son sac de cours, avec quelques devoirs à faire, et de quoi réviser. Il allait passer quelques heures au café, à réviser en bonne compagnie. Cela allait lui changer les idées, parce qu’il en avait définitivement besoin.
Il marcha en silence, les mains enfoncées dans les poches. Il avait décidé de marcher au lieu de prendre la voiture, parce qu’il se disait qu’une petite marche allait sûrement lui faire du bien, et en plus le café n’était pas si loin de l’immeuble de ses parents.
Cependant, la neige avait fondu, l’air était froid. L’hiver recouvrait la ville en un filtre triste et moche, et Dongchul en avait marre de l’hiver. Il voulait le retour de l’été, et ce n’était même pas pour voir Jisung nu.
C’était surtout pour tourner la page.
Pour commencer un nouveau pan de sa vie.
Mais pour cela, il fallait déjà que les mois passent, et que la saison change, et c'était long. C’était d’autant plus long quand les cours s'enchaînaient, jour après jour, heure après heure, minute après minute. Le temps passait bien plus lentement en ville. Et quand il était avec la meute, c’était trop rapide. Les jours s’enchaînaient aussi, mais d’une manière différente.
Le temps passe vite quand on s’amuse, lentement quand on était en classe à étudier.
Quand finalement le café fut en vue, Dongchul se hâta. Il poussa la porte, et marcha droit vers la table qu’occupaient déjà les trois plus jeunes. Jisung se leva avec un large sourire. Mais il le perdit bien vite quand il remarqua l’ombre qui assombrissait le visage du bêta.
— Chul-ie ? Qu’est ce qui se passe ?
— Rien. Je vais expliquer, mais après. Murmura le bêta en enlaçant Jisung, et en serrant fort le jeune alpha contre lui.
Jisung acquiesça contre son torse, et Dongchul le relâcha après l’avoir embrassé brièvement. Ce fut au tour de Changbin de l’embrasser et de le serrer dans ses bras. L’oméga le gratifia d’un regard inquiet, le même que celui de Jisung.
Une fois les deux plus jeunes assis de nouveau sur la banquette autour de la table, ce fut au tour des aînés de se saluer. Jisung et Changbin repensaient à la discussion qu’ils avaient bien pu avoir la veille. Ce dont ils avaient discuté. Chan dut aussi y repenser, car il ne fuit pas comme il avait pu le faire auparavant.
Il se leva, et serra fort Dongchul contre lui, en lui tenant la nuque comme il l’aurait fait avec Jisung et Changbin. En position dominante, en quelque sorte. Pour une fois, parce qu’il ne jouait pas trop avec la hiérarchie, quand il était question de Dongchul.
Il avait plus tendance à suivre les codes de la ville.
Mais là, en même temps, Dongchul en avait bien besoin.
Quand ils se rassirent finalement, les épaules de Dongchul plus relaxées, il y eut un moment de flottement.
Le café était relativement vide. Il faisait très froid, les gens n’osaient pas s’aventurer dehors. Ainsi, Dongchul ne se sentait pas trop observé et sa langue finit bien vite par se délier. En même temps, il avait l’impression qu’il n’allait pas tarder à exploser, s’il n’expliquait pas ce qu’il ressentait incessamment sous peu.
Il commença par dire qu’il savait enfin d’où venait son problème, avant d’avouer justement d’où il venait. Si Jisung, Changbin et Chan parurent heureux d’apprendre que Dongchul savait enfin la source de son son absence d’instinct, leur sourire ravi eut vite fait de disparaître quand les trois autres loups comprirent que les parents de Dongchul étaient la raison de mal être.
— Il y a vraiment quelque chose dans l’air de la Corée qui rend les parents mauvais. Marmonna Jisung entre ses dents, les bas croisés.
Changbin se contenta d’enlacer le flanc de Dongchul et de le serrer fort contre lui, tentant de réconforter le bêta. Celui-ci se frotta longuement le visage, se sentant juste un peu plus léger maintenant qu’il en avait parlé avec la meute. Mais il était toujours aussi las.
— Je le sentais qu’il y avait quelque chose de bizarre avec eux. Finit par annoncer Chan en pianotant nerveusement sur la table.
— Ça va aller ? Demanda doucement Jisung en frottant le biceps du bêta.
Dongchul inspira en posant ses mains sur ses genoux, et regarda Changbin qui était accroché à lui comme le petit poulpe qu’il était, pendant que Jisung frottait fortement son bras comme s’il espérait faire du feu. Il n’était pas seul. Cela ne pouvait qu’aller.
— Oui, je pense. Annonça alors Dongchul en passant un bras autour des épaules de Changbin avant de le serrer brièvement contre lui.
Les trois autres acquiescèrent, mais Jisung marmonna que si jamais il avait le bonheur de croiser ses parents, il allait se faire un plaisir de leur dire ce qu’il pensait d’eux.
— Pas sûr que tu ne fasses que parler. Marmonna Chan, Jisung ignorant son commentaire pour soudainement taper ses mains l’une contre l’autre.
— Du coup, on va pouvoir t’aider à trouver ton instinct, non ? Vu que maintenant qu’on sait d’où vient le problème ?
Dongchul commença à sourire, c’était ça, la seule bonne nouvelle qu’il tirait de tout ça. Ils allaient enfin pouvoir travailler sur lui.
— Yep. J’ai réfléchi, et je pense qu’il faut juste que je débloque quelque chose dans ma tête. Du coup, ça nous donne quelque chose sur lequel concentrer nos efforts. Expliqua-t-il.
Il avait fait quelques recherches sur les traumatismes et ce genre de chose, et c’était généralement l’angle d’attaque des professionnels de santé, quand il fallait soigner ce genre de maux. Bon, il n’allait pas pouvoir de psychologue ou de psychiatre, alors il allait faire avec ce qu’il avait.
Mais s’il ne parvenait vraiment à retrouver son instinct, par contre, il n’allait définitivement pas hésiter à faire appel à un vrai professionnel.
Changbin et Jisung échangèrent un regard à la suite de son annonce. Ils repensaient au plan qu’ils avaient élaboré. Oui, ils étaient définitivement sur la bonne voix, avec celui-ci, mais ils allaient définitivement falloir améliorer pour que cela fonctionne.
Et peut-être même faire des recherches sur internet, pour pouvoir trouver ce qui leur manquait.
On devait sentir que l’ambiance était plus joyeuse maintenant, parce qu’un serveur s’approcha d’eux, sûrement pour prendre la commande Dongchul, comme les trois autres avaient déjà des tasses. Et des assiettes, en ce qui concernait Jisung.
— Oh, bonjour Hyung- Hyunjin ? Salua avec hésitation Dongchul en regardant le non présenté planté devant la table.
— Bonjour hyung. Fit en retour le serveur en s’inclinant.
Jisung, Changbin et Chan observèrent l’échange curieusement, et Dongchul fit un mouvement de main en direction de l’adolescent en regardant Changbin.
— C’est lui qui m’a rapporté ton carnet, au lycée, après l’avoir trouvé.
— Oh, je vois ! Merci à toi, alors. Fit l’oméga avec un gentil sourire.
L’adolescent s’inclina plusieurs fois.
— Ce n’est rien sunbaenim, merci à vous de venir ici. Répliqua-t-il poliment.
Dongchul fit ensuite sa commande, et Hyunjin disparut derrière le comptoir. Le bêta se retourna ensuite vers les autres. Changbin et Jisung échangeaient à voix basse, alors Dongchul se tourna vers Chan, qui semblait répondre à des mails.
Mais comme l’alpha ne semblait pas très bavard non plus, Dongchul sortit ses cahiers. Les feuilles écrits en écriture alphabétique attirèrent le regard de Chan qui finit par délaisser son ordinateur pour plutôt regarder ce que faisait Dongchul.
Le bêta capta vite le regard de l’alpha, et timidement, Dongchul poussa un peu la feuille pour que Chan puisse aussi lire.
— Examen d’anglais ? Questionna Chan, Dongchul acquiesçant. Tu parles bien anglais ?
Dongchul acquiesça de nouveau, Chan devait avoir remarqué toutes les petites notes dans la marge, les poins importants qu’il avait souligné et annoté, et tout ce genre de chose qui montrait qu’il maîtrisait le sujet. Ou alors qu’il bossait dur.
— Ça dépend ce que tu appelles bien. Je tiens une conversation. Je peux faire des exposés. Mais mon-
— Accent laisse à désirer ? Devina facilement Chan, avec un petit sourire.
— Ouais, exactement. Reconnut le bêta en grimaçant et en se frottant la nuque.
Chan eut un petit rire.
— C’est compréhensible. C’est souvent le plus dur. Je peux essayer de te donner un coup de main mais… Je suis pas sûr que l’accent australien soit le meilleur accent pour quelqu’un qui cherche à devenir bilingue. Gloussa l’alpha, en sachant très bien que son accent était plutôt difficile à comprendre.
— Ça rendra fou mes amis, ça me va. Répondit tranquillement Dongchul en imaginant déjà Logan et James tenter de comprendre ce que disait Chan.
Ils finirent par réaliser que Jisung et Changbin avaient cessé de parler, et qu’ils les regard aient avec de grands yeux. Visiblement, ils avaient bien vite remarqu é que leur aînés avaient cessé de parler coréen. Et le pli qui tordait le ur front montrait bien qu’ils étaient complètement perdu s .
— Désolé, on parlait anglais. Expliqua Chan avec un petit sourire désolé.
— C’est trop bien… Murmura Jisung, un peu ébahi. Genre... Vous pouvez passer de l’un à l’autre et genre vous pouvez avoir des conversations secrètes et-
— Et vous n’avez pas intérêt à avoir des conversations secrètes sans nous, hein ? Intervint Changbin avec une moue.
— Bien sûr que non, Bin-ie.
— Moi je veux apprendre. Annonça Jisung avec excitation, en secouant le bras de Dongchul.
— Et bien on fera ça à l’occasion. Répliqua Chan en frottant les cheveux du jeune alpha qui sourit alors de toutes ses dents.
Hyunjin apporta ensuite le Mocha de Dongchul, et chacun s’occupa avec ce qu’il avait bien pu prendre avec lui.
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Quand ils avaient quitté Dongchul, après un câlin, et un bisou pour Changbin et Jisung, les trois loups regagnèrent leur voiture, et Changbin tira sur la manche de Chan. Quand l’alpha lui demanda ce qu’il voulait, Changbin tenta d’expliquer qu’il avait besoin de quoi tailler la roche.
Jisung parut curieux, mais Changbin lui fit signe de lâcher l’affaire, alors le jeune alpha haussa les épaules avant de retourner dans le SUV et d’attendre que ses aînés aient fini de parler. Chan demanda alors pourquoi Changbin avait besoin d’outil pour tailler la roche.
L’oméga ne répondit d’abord pas, voulant garder son projet pour lui, pour faire une surprise au reste de leur petite meute. Il finit par répéter qu’il voulait juste tailler de la pierre, mais il précisa tout de même qu ce n’était pas pour tailler quelque chose de petit.
Cela dut suffire à Chan, parce qu’ils remontèrent ensuite dans la voiture, et ils firent juste un petit détour par une boutique de bricolage pour récupérer un burin, un nouveau marteau et un masque. Quand Chan demanda si c’était suffisant, Changbin se contenta de hausser les épaules.
Il n’y connaissait rien, mais a priori, l’employé qui avait conseillé Chan devait quant à lui savoir ce qu’il faisait. Alors Changbin lui faisait confiance.
Q uand ils rent r èrent finalement à l’hanok, ils allèrent faire une sieste, mais Changbin n e semblait pas pouvoir tenir en place. Il s’allongea seulement une dizaine de minutes avant de murmurer à Chan qu’il allait faire un tour.
L’ instant d’après, il avait quitté le futon, et descendit les escaliers quatre à quatre. Jisung se retourna alors et échangea un regard curieux avec leur aîné, qui se contenta de hausser les épaules. Changbin leur préparait une surprise, c’était facile à deviner
Il n’empêchait qu’ils se demandaient tout de même ce que cela pouvait bien être. Surtout s’il avait besoin de quoi tailler une grosse surface en pierre.
Changbin quant à lui bouillonnait. Il avait mis le masque, le marteau et le bureau dans un sac à dos, avec d
e
s bougies et des allumettes. Il mit ses vêtements d’hiver avant de sortir de l’hanok, et de rejoindre la grotte au petit trot.
Il aurait honnêtement pu le faire en loup, mais il avait envie de courir un peu.
Il finit par retrouver facilement son chemin, et après avoir poussé les buissons d’épineux qui recommençai
en
t déjà à arborer un magnifique vert qui annonçait le printemps, il tomba sur l’entrée de la grotte. Il commença par s’accroupir, et inspira à plein poumon.
Cela ne sentait que son odeur, et c’était un
e
bonne nouvelle. Il y avait des ours dans
c
es montagnes. Des ours, des blaireaux, des renards. Peut-être même des loups sauvages. En son absence, et sans des marquages olfactifs puissants propres aux alphas, la tanière était vulnérable.
C’était un lieu parfait po
ur se reposer, mais pas vraiment pour élever les petits, comme il n’y avait pas de point d’eau. Cependant, une ourse avec ses petits pourrait très bien choisir de venir dormir ici une nuit.
Alors la concurrence allait être rude pour obtenir cette parfaite pouponnière. Mais Changbin savait parfaitement qu’
une fois que
Jisung et Chan auraient commencé à mettre leur odeur partout, il n’y aura plus de concurrence.
La tanière sera
officiellement
à eux.
En attendant, Changbin
devait finir
de préparer le plus gros de la grotte.
Ramper dans le couloir ne fut pas compliqué, même avec son sac sur le dos. Cependant, Changbin était relativement petit, bien qu’épais. À coté de Dongchul, ce n’était pas vraiment la même chose.
Mais il ne s'inquiétait pas. À vue de nez, cela allait passer.
Un fois dans la grotte, il posa son sac et alluma les bougies qu’il disposa sur le sol histoire de voir ce qu’il faisait. Avec un morceau de craie, il dessina les encoches qu’il allait creuser pour pouvoir disposer des bougies. Une fois satisfait de son choix, il se mit au travail. Il enfila le masque qu’il lui recouvrait une grande partie de son visage, et saisit le burin et le marteau.
Quand il commença à taper, il se dit que ce n’était pas si compliqué. Il avait suffisamment de muscle, et en plus, il y avait quelqu chose d’étonnamment thérapeutique, à taper comme ça dans la roche.
Les minutes passèrent et l'encoche commença à se dessiner.
Quand il se recula pour admirer son travail, il se rendit compte que ce n’était pas aussi droit, pas aussi joli que ce dont il espérait. Il glissa une bougie dans le petit trou, se recula encore. Réfléchit un instant, observa la salle.
Oui, cela allait le faire. Ce n’était pas parfait, mais il était définitivement satisfait de lui-même.
Alors il continua de travailler, les dents serr
ée
s parce que ses mains le faisait souffrir. Et quand il rentra à l'hanok, tard dans la soirée, les deux alphas paniquèrent en voyant l’état des mains de leur précieux petit Trésor.
Il leur assura que tout allait bien, qu’il n’avait pas si mal, et ce même si des ampoule s commençai en t à se dessiner sur ses paumes. Merde. Il ne se serait pas attendu à ça… Il voulait que la tanière soit prête avant que Dongchul ne finisse les cours...
Mais si ses mains étaient inutilisables pendant quelques jours, il allait prendre du retard. Et il ne voulait pas prendre du retard. Alors quand Jisung et Chan demandèrent à ce qu’il se repose, et qu’il repose ses mains, Changbin accepta docilement.
Il n’eut même pas à se nourrir. On le casa sur les cuisses de Chan, et Jisung s’affaira à le gaver de petits morceaux de kimbap, et des cuillères de bouillon de viande.
Quand il alla se coucher ce soir-là, ce fut après que Jisung ait tenté de lui tirer les vers du nez. Mais Changbin ne parla pas, gardant férocement son secret. Jisung finit par céder, et ils s'endormirent pelotonné les un contre les autre.
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Chan avait envoyé un message vers midi à Dongchul. Un message écrit par Changbin, par Jisung et par lui, pour souhaiter bon courage et bonne chance à leur aîné pour son examen. Dongchul ne répondit pas, mais ils ne lui en tinrent pas compte.
Dongchul avait sûrement d’autre chat à fouetter, des dernières révisions à faire ou ils ne savait quoi d’autre encore.
Les trois loups avaient passé leur mâtinée comme ils en avaient l’habitude. Ils s’étaient levés, avaient mangé, s’était battus, enfin sauf Changbin avec ses mains, avaient fait une ronde avant de se nettoyer de manger et d’aller dormir. Après la sieste, Changbin se rendit compte qu’il avait toujours les mains trop abîmées.
Il n’allait pas pouvoir manier le burin aujourd’hui, et de tout façon, étrangement, les alphas ne voulaient pas le lâcher. Ils passèrent un long moment à juste flemmarder, à discuter tranquillement. Jisung et Changbin expliquèrent leurs idées, pour aider Dongchul à être plus proche de son instinct.
Chan valida leur
s
idée
s
, surtout parce qu’il ne savait pas trop ce qu’il pourrait proposer, lui. Jisung et Changbin s’y connaissaient définitivement plus, et il valida leur plan, près à donner un coup de main s’il le fallait.
Mais Changbin n’avait toujours pas parler de
la tanière, même quand Jisung parla de l’importance de faire visiter une tanière à Dongchul, parce que c’était un élément clé de la vie en loup. Chan dit à Jisung qu’ils allaient
falloir
trouver une solution,
parce que Dongchul n’allait définitivement pas pouvoir rentrer dans l’une de leurs tanières creusées
et Changbin eut du mal à cacher son sourire.
Ils finirent par faire l’amour, parce que quand on était jeune et qu’on avait du temps, qu’on le passait dans un lit, et bien cela donnait vite envie.
L’avantage quand on était trois, et qu’on était aussi versatile qu’ils l’étaient, c’était qu’on ne s’ennuyait jamais, et qu’on avait toujours de nouvelles possibilités à explorer. De nouvelles posit
i
ons à tester. De nouvelles faiblesses à découvrir chez ses partenaires, de nouvelles zones érogènes
à trouver
.
Jisung commenta, avec un rire, alors que Chan et Changbin s'amusaient à explorer son corps, qu’ils allaient pouvoir donner une sacré liste de conseils
à Dongchul
, quand Jisung et lui allaient devenir intime
s
.
Changbin répliqua sur le même ton qu’au moins, Jisung allait pouvoir guider la petit vierge innocente qu’était Dongchul,
vu son expérience à lui.
Il gloussèrent comme des dindes face à leurs bêtises, et ne se turent que lorsque Chan leur demandèrent de se concentrer un peu, même si ses lèvres se tordaient avec l’ombre d’un sourire.
Plus tard, alors qu’ils reposaient toujours sur le futon, lascifs mais cette fois nu, Jisung posa la question qui lui tournait dans la tête depuis qu’il avait inspecté le corps de Changbin comme l’oméga avait pu le faire avec le sien.
— C’est quoi ces marques ? Demanda alors curieusement le jeune alpha, en pressant un peu la chair moelleuse de l’index.
Il reposait sur son flanc, la tête sur la hanche de Changbin. Et ses doigts se baladaient sur les cuisses nues de l’oméga, appréciant juste la douceur de sa peau et la chair moelleuse sous la pulpe de ses doigts. Changbin se tordit un instant pour voir de quoi il était question.
— Oh, ça ? Je ne sais pas. J’ai eu toujours eu ça, je crois. Répondit il facilement.
— Mmh, non. Intervint alors Chan, quand il comprit de quoi il était question. Tu as du avoir ça après ta présentation. Les deux cadets se tournèrent vers lui, alors Chan continua son explication. C’est de la cellulite. C’est genre, une sorte d’accumulation de gras. Un peu comme tes joues. Expliqua Chan en enfonçant son index dans la joue ronde de Jisung.
Le jeune alpha fit la moue, gonflant inconsciemment ses joues un peu plus, et faisant rire doucement Chan. Changbin réfléchit brièvement, mais il ne se souvenait pas avoir vu apparaître ces marques. Il savait que les marques claires sur ses fesses étaient appar us récemment, mais celles-ci ? Il avait l’impression de les avoir depuis toujours, ou de ne jamais avoir vraiment remarqué leur apparition.
— Sauf que la cellulite, tu vois, c’est genre du gras que tu retrouves chez les omégas. Et les filles, quelques soient leur classe. Parce que c’est un gras spécial pour la grossesse. Il vit les yeux de Changbin s’écarquiller, alors il s’empressa de rassurer : Non mais ça ne veut pas dire que tu es enceint ! Ton corps se prépare juste pour quand tu présentes.
— Oh. D’accord…
— Donc c’est un gras spécial pour la grossesse ?
— C’est ce que j’ai dit oui. Répondit Chan avec un sourire amusé.
— Mais pourquoi j’ai jamais lu ça dans mes livres ? Demanda le jeune alpha, les sourcils froncés.
Chan fit une moue, qui ressemblait plus à une grimace qu'autre chose.
— Parce que dans la ville, la cellulite c’est considéré moche, et ils font tout pour la cacher ou la faire disparaître.
— Mais c’est stupide, c’est essentiel ! Intervint Jisung en se redressant brusquement.
— Les gens sont stupides. Répliqua Chan en haussant les épaules.
Changbin se redressa aussi, et se gratta nerveusement la hanche au point d’en faire apparaître une marque rouge.
— Je suis moche… ? Demanda timidement l’oméga, d’une petite voix.
— Non, absolument pas ! Répondit instantanément Jisung en l’enlaçant.
— Bien sûr que non. C’est juste un petit détail de toi et tu es beau, et ça ne te rend définitivement pas moche. Ce n’est qu’un détail. Insista Chan en pressant sa main.
Changbin acquiesça, et leur fit un sourire chacun avant d’avouer, toujours avec sa petite voix d’oméga pas sur de lui :
— J’ai toujours peur de ce à quoi je ressemble.
— Pourquoi ? Tu es trop mignon Binieboo. Répliqua Jisung, les sourcils froncés.
— Mais je ressemble pas à un oméga typique.
— On s’en fiche de ça, nous. Commenta Chan en frottant son nez contre le sien, Jisung acquiesçant furieusement à côté.
— On t’aime comme tu es ! Puis d’abord, est ce qu’on a des têtes d’alphas typiques nous, avec Chan-ie ? Changbin fit non avec un sourire, alors Jisung leva les mains au ciel. Tu vois ! Pas besoin de t’inquiéter. Assura-t-il avec un large sourire plein de dents.
Changbin passa comme il put un bras autour des épaules de ses deux alphas, avant de les serrer fort contre lui.
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