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Ainsi nimbé par la lumière de la lune de juin, le jardin d'été ne ressemblait en rien au tapis d'herbe et de fleurs luminescent de la journée. Les couleurs, si claires auparavant, s'étaient fondues dans l'obscurité, ne faisant qu'exalter leur beauté presque irréelle.
La chaleur qui régnait dans le jardin contrastait avec la fraîcheur du palais. Il était habitué à cette sensation depuis de longues semaines maintenant.
Chaque nuit, il venait et attendait jusqu'au lever du jour.
Chaque nuit, il bravait la surveillance des gardes et poussait la porte du jardin avant de marcher doucement jusqu'à la clairière abritée par les pruniers blancs et les pins.
Les papillons qui se posaient parfois sur les manches de son kimono ne l'importunaient pas. Ils étaient une distraction magnifique pour lui, calmant le trouble et l'impatience de son âme.
D'un geste, sa main caressa le tissu de son obi où s'était attardé un de ces papillons qu'il avait fait venir de Chine par son père, une semaine auparavant. Le jeune homme soupira avant de reporter son attention sur le disque argenté qu'il apercevait à travers les feuilles, au-dessus de lui.
Jin était en retard, cela ne lui ressemblait pas.
Peut-être s'était-il lassé de lui, lassé de ces rencontres si brèves. Peut-être étaient-elles devenues dénuées de sens pour lui.
Kazuya s'en voulait de se comporter comme un fils gâté devant lui, de se mettre en danger juste pour le seul plaisir de le voir rester à ses côtés. Un enfant gâté, c'est ce qu'il avait toujours été. Désormais, il souhaitait du plus profond de son cœur que Jin le voit autrement.
Le craquement d'une brindille le fit sursauter. Il se retourna vers la porte du jardin, ses paupières battant furieusement dans l'espoir de percer l'obscurité.
-Monseigneur, je suis en retard, veuillez me pardonner.
Sans répondre, Kazuya s'avança, la soie améthyste de son kimono glissant sur l'herbe humide de la clairière.
- Je t'attendais, murmura-t-il enfin.
Sa main trouva la joue du jeune homme vêtu d'un simple kimono de coton gris-bleu et la caressa lentement.
-Monseigneur, je...
Un baiser aussi léger qu'un souffle de vent vint interrompre le jeune guerrier et un sourire illumina les traits de Kazuya.
-Lorsque nous sommes seuls, je veux que tu m'appelles par mon prénom, Jin.
Sous la lune du mois de juin, le kimono de coton rejoignit sur le sol celui de soie. Nus, l'un contre l'autre, à l'abri dans le jardin d'été, plus rien ne comptait.
La lune pour seul témoin, ils s'aimaient, sans penser à l'interdit qui pesait sur leurs âmes.
"Tsukiyo no yume ao ni
Somaru omoidetachi"
Dreams beneath the moonlit night,
Memories dyed in shades of blue.
"Kanawanu koi to shitteta"
I knew it was a love that would never come true.
"Itsukara darou kakechigaeta kimochi futatsu"
When did our hearts begin to miss each other’s path?
"Mada maniau?"
Is there still time for us?
"Nantene Asaki yume samenaide
Amai me de aibushite
Sotto"
Just kidding… But don’t wake from this fleeting dream.
Gaze at me with those sweet eyes—
Gently…
***
Jin se souvenait de leur première rencontre avec une précision qui l’effrayait presque.
Ce soir-là, il s'était laissé guider dans le majestueux palais, s'efforçant de garder son calme face à la beauté et au luxe des lieux. Il n'avait connu dans sa vie que la simplicité spartiate du dojo d'Ueno et la froideur des champs de bataille d'Okehazama.
-Mon fils est avec nos invités, mais je souhaite vous le présenter immédiatement. Plus tôt vous commencerez votre mission auprès de lui, plus tôt je serais en mesure de partir combattre le cœur apaisé.
Jin avait suivi le seigneur Kamenashi dans les dédales feutrés des couloirs avant que le vieil homme ne finisse par s'arrêter devant une porte richement décorée. A travers la fine cloison, Jin avait perçu le son du shamisen et les rires des convives. La porte une fois ouverte, les yeux de Jin s’étaient posés sur la table centrale.
Le fils de son seigneur avait dix-huit ans, mais aucun des visages que le jeune guerrier détailla ne semblait correspondre à celui du jeune homme placé sous sa protection. La main du vieux seigneur Kamenashi l'avait tiré de son observation attentive.
-Kazuya est ici.
Les touches légères des musiciennes sur leur shamisen s'étaient faites plus intenses alors que trois danseuses vêtues de splendides kimono roses avaient pris place au centre de la scène en bois de merisier.
-Pardon, mais je...
Son regard avait parcouru la scène sans comprendre, avant de se poser sur le visage du vieux seigneur. Ce dernier s'était contenté de montrer à nouveau la scène où les danseuses avaient déployé un imposant éventail pourpre et or. L'éventail s'était refermé dans un claquement sec, masqué par les notes effrénées des shamisens et avait dévoilé la plus magnifique créature qui avait jamais été donnée à voir à Jin.
-Kazuya danse souvent pour nos invités. J'ai fait venir la soie de son kimono d'Edo. Magnifique, n'est-ce pas ?
Jin n'avait pas écouté, rien répondu. Subjugué, il avait regardé Kazuya danser avec une grâce insaisissable devant la puissante aristocratie de Kyoto. Et déjà, son cœur était prisonnier des charmes de celui qu'il devait protéger.
***
Ses lèvres descendirent sur la peau blanche, goûtant la saveur douce et familière de l'huile de camélia. Jin s'était toujours dit que sa propre peau, tannée par le vent et le soleil, devait paraître singulièrement rude au toucher. Mais les mains de Kazuya effleurèrent lentement son dos avec un gémissement de contentement, et il laissa ce songe disparaître aussi vite qu'il était venu.
-Demain, il y a un banquet avec la famille Kikuchi, dit soudain Kazuya.
Jin releva la tête, sa bouche quittant à regret la nuque de son amant. Son corps s'était glacé.
-Je sais.
Leurs yeux s'assombrirent au même instant. Kazuya se mit à frissonner violemment.
-Vous allez prendre froid, monseigneur.
Jin se leva et Kazuya observa à regret le jeune homme s'emparer du kimono de soie, le placer dans ses bras avant de lui-même revêtir le sien.
Ils savaient parfaitement ce que cela signifiait. L'alliance avec la famille Kikuchi était déterminante. Le mariage de Kazuya assurerait une grande prospérité pour le pays.
-Monseigneur, je vous en prie, habillez-vous. Si vous tombiez malade, je ne me le pardonnerais pas, continua Jin, ses yeux fixés sur ses doigts bataillant avec son obi dans l'espoir de cacher sa peine.
Kazuya enfila lentement son vêtement sans rien ajouter. La froideur de Jin le blessait. N'avait-il donc pas de peine à le voir bientôt uni à une femme qu'il n'aimait pas ?
-Le jeu est fini, je suppose, conclut Kazuya d'une voix dure. Les yeux de Jin, à présent secs, croisèrent les siens.
« Le jeu est fini, monseigneur ».
"Oborozukiyo kumo ni kasumu
Futari no hibi kowaresou na yakusoku"
A hazy moonlit night, blurred behind the clouds—
Our days together, and a fragile promise on the verge of breaking.
"Uso demo ii anata no taisetsu de aritakute
Senobishite oikaketa"
Even a lie would do—
I just wanted to be someone precious to you,
Stretching to reach, I kept chasing after you.
"Adeyakani mai odori
Utsukushiku sasowarete"
Gracefully, I danced in the wind,
Drawn in by beauty’s quiet invitation.
***
Lorsque le seigneur Kamenashi lui avait présenté Kazuya, leurs regards ne s’étaient pas croisés une seule fois.
Jin, avait cependant senti le trouble dévorer un à un ses sens face au visage angélique du jeune homme drapé de rouge et d'or.
Jin avait senti la honte le submerger lorsqu'il avait compris qu'il se réjouissait intensément du départ du vieux seigneur Kamenashi.
Il aurait ainsi tout le loisir d'observer Kazuya en secret, chaque jour.
Sa première visite dans le jardin d'été avait eu lieu la semaine suivante.
Depuis son arrivée au palais, Jin avait appris à connaître son jeune protégé. Il s'était rendu compte que son âme était aussi belle que son corps, sa fâcheuse tendance au caprice ne rendant finalement sa personnalité que plus attachante.
-Kamenashi-dono a fait venir tous ces papillons jusqu'ici ? Ils ne s'échappent jamais ?
Kazuya avait ri avant d'entraîner Jin au centre de la clairière.
-Il les a fait venir pour ma mère qui les adorait. A sa mort, je venais très souvent ici et je me suis mis à les aimer moi aussi, expliqua le jeune homme. Les pins rouges sont touffus et leurs branches sont entrelacées d'une telle façon qu'il est impossible pour eux de quitter ce jardin.
Jin avait levé le visage, ses yeux s'attardant sur ce que lui avait décrit le jeune homme.
-Pourtant, je vois un fragment de ciel, observa-t-il après quelques secondes.
Kazuya avait ri, encore une fois.
-Je suppose alors qu'ils n'éprouvent pas le désir de quitter ce jardin. C'est moins triste ainsi, n'est-ce pas, Akanishi-san ?
Jin avait hoché la tête en souriant avant de reporter son attention sur le ciel.
-La pleine lune est pour cette nuit, continua doucement Kazuya. Elle se reflète à travers le feuillage, c'est un spectacle magnifique.
Kazuya l'avait regardé fixement.
-J'aimerais vous montrer cela, cette nuit. Troublé par les battements furieux de son cœur, Jin n'avait pu qu'acquiescer.
C'était interdit et dangereux.
C’était tout ce que son être désirait.
***
-Kamenashi-dono, souhaitez-vous que je relève vos cheveux pour le banquet ?
Kazuya soupira avant de faire signe à la jeune servante que ce n'était pas la peine.
-Je n'assisterai pas au banquet ce soir. Sortez de ma chambre.
-Mais Kamenashi-dono, monseigneur va être furieux et les Kikuchi...
Les balbutiements de la jeune femme ne suffirent pas à ramener le jeune seigneur à la raison. Elle se quitta précipitament la pièce, de peur d'assister à une crise de rage.
Ce banquet, ce mariage... Son père ne comprenait-il pas qu'ils étaient voués à l'échec ? Des larmes d'amertume coulèrent le long des joues de Kazuya.
Ses doigts se saisirent de la fiole d'huile de camélia laissée par la servante. Le verre s'écrasa avec fracas sur le mur, répandant à travers la pièce l'odeur douce et fleurie que Jin aimait tant retrouver sur sa peau.
Kazuya enfouit son visage dans ses mains. Ce soir serait un soir de pleine lune.
Lorsqu'il l'avait réalisé, il n'avait pu se résoudre à trahir Jin.
D'un geste déterminé, Kazuya se releva, ses doigts fins se refermant sur la soie argentée du kimono posé à ses côtés.
Kagayaita harukana kioku wo
Yobisamashite susumuyo"
I awaken the distant, shining memories
And keep moving forward.
"Demo nanigenai chiisana koto bakari
Kienai kesenai"
But it’s only the smallest, simplest things—
They won’t fade… I can’t erase them.
***
Pourquoi revenir ici ?
Il savait que Kazuya ne serait pas à ses côtés ce soir, mais observer le disque d'argent de la lune à travers le feuillage parvenait à lui faire oublier la tristesse qui déchirait son âme.
Si ce soir, Kazuya tombait amoureux de la fille du seigneur Kikuchi...
Jin ferma douloureusement ses yeux, sa main s'attardant sur la missive cachée dans son obi, l'autre raison de sa profonde souffrance.
Lorsque ses paupières se rouvrirent, la clairière était déjà baignée d’une lueur familière et majestueuse, l'argent se reflétant sur les ailes des centaines de papillons évoluant dans le feuillage.
***
-Akanishi-san, est-ce que cela vous plaît ?
Kazuya avait jeté un regard amusé sur son garde du corps qui, bouche bée, ne quittait pas des yeux la lune qui venait de faire son apparition derrière les branches délicates des pruniers blancs.
-Je n'ai pas de mots, avait balbutié Jin.
Kazuya avait souri avant de reporter son attention sur le spectacle qui se déroulait devant leurs yeux. Les minutes s’étaient écoulées sans qu'ils ne songent à rompre le silence. Un papillon qui s'était attardé sur la main de Jin avait fini par les distraire de leur contemplation.
-On l'appelle le paon du jour car ses motifs rappellent ceux des ailes d'un paon, avait chuchoté Kazuya en se rapprochant.
En silence, ils avaient regardé le petit insecte évoluer sur le coton pâle avant de le voir prendre son envol dans l'air de la nuit. Lorsque la main de Kazuya était venue caresser furtivement l'endroit où s'était posé le délicat papillon, Jin avait senti sa volonté glisser lentement hors de son corps.
-Akanishi-san...
Kazuya s'était penché jusqu'à ce que leurs lèvres se touchent, dans une première caresse.
-Monseigneur.
Jin avait regardé Kazuya se lever et dénouer son obi sans le quitter des yeux.
Il avait regardé la soie glisser le long du corps de son jeune maître, éclairé par la lune.
Cette nuit-là, le bruissement de la soie avait eu pour lui une beauté semblable à celle de deux ailes de papillon.
***
Le frottement de la porte sur l'herbe fraîche le fit sursauter. Il se releva d'un bond, sa main se refermant sur la poignée de son katana.
La silhouette secouée de sanglots de Kazuya apparut et Jin ne put qu'ouvrir les bras pour l’accueillir.
-Monseigneur, que faites-vous ici ?
Les sanglots du jeune homme redoublèrent et Jin resserra son étreinte.
- C'était impossible.
Kazuya prit le visage de Jin entre ses mains.
-En assistant à ce banquet, en la rencontrant, je t'aurais trahi.
Le jeune guerrier sentit les larmes qu'il avait retenues tout le jour durant abonder sur son visage.
-Monseigneur, c'est de la folie. Vous devez épouser quelqu'un de votre rang, il le faut ! Ne perdez pas votre temps avec quelqu'un comme moi.
-Quelqu'un comme toi... Il n'y a que cela qui puisse m'apporter le bonheur. Les longs doigts de Kazuya effleurèrent ses cils, ses paupières, ses joues fiévreuses, et ses lèvres, les lèvres de son seigneur, s'emparèrent des siennes sans hésitation, leurs larmes se mêlant à travers leur baiser.
-Prends-moi, murmura Kazuya contre sa peau, fais-moi tien, encore une fois.
Il sembla à Jin que le sol tournait sous ses pieds, mais les bras de Kazuya qui le guidèrent sur l'herbe humide l’empêchèrent de faiblir.
Le tissu de soie et le tissu de coton se retrouvèrent mêlés ensemble au pied de l'arbre et cela fit sourire Jin. Lors de tels instants, lorsqu'ils étaient nus, lorsqu'ils laissaient libre cours à l'envie qui brûlait leurs sens, il n'était plus question de rang, de nom, de noblesse. Il n'y avait qu'eux et la lune, qui leur offrait la lumière nécessaire à l'exploration de leurs corps.
Kazuya gémit au creux de son oreille. Jin le tenait contre lui, ses mains aidant ses hanches à rencontrer les siennes dans cette friction qui les rendaient tout deux ivres de désir.
Kazuya fit glisser ses mains dans l'herbe fraîche avant de rejeter sa tête en arrière, incapable de maîtriser l'émotion qui le dévorait. Jin se redressa doucement pour le prendre dans ses bras, ses mains trouvant tour à tour sa nuque et le creux de ses reins.
-Je ne veux pas que ta peau quitte la mienne, balbutia Jin, à bout de forces.
Le jeune homme sentit alors Kazuya resserrer son étreinte, enfouir son visage dans ses cheveux. - -- -Kazuya, gémit Jin dans un souffle.
Entendre son nom prononcé ainsi ne fit qu'exalter le désir de ce dernier.
Jin sentit alors le dos de Kazuya se cambrer entre ses mains. Bientôt, la chaleur se répandit.
Kazuya tomba, épuisé, dans le creux de ses bras. Le souffle violent de son amant sur sa peau réduisit à néant ses dernières résistances et Jin se libéra à son tour dans un long tremblement qui le laissa exténué. Le silence reprit ses droits dans la clairière nimbée de lumière.
Jin retrouva ses esprits.
Ses mains caressèrent la peau encore tremblante de Kazuya. Il voulut guider le jeune homme à ses côtés mais une pression sur sa nuque l'en empêcha.
-Reste encore ainsi, le supplia Kazuya.
Sa main caressa sans relâche les cheveux de la frêle silhouette tout contre lui.
Le silence s’installa.
- Jin, j’ai vu Haruki-dono, murmura Kazuya après quelques instants.
Jin frémit en entendant Kazuya prononcer le nom du maître d'armes du palais. Des larmes se formèrent dans les yeux de Jin lorsqu'il comprit que Kazuya savait tout.
Son jeune seigneur ne poursuivit cependant pas sa phrase.
Alors, lentement, Jin tendit la main vers le tissu de son kimono dont il drapa avec délicatesse Kazuya, avant de le reprendre dans ses bras.
- Je reviendrai toujours vers toi. Qu'importe la manière, je serai toujours à tes côtés, murmura le jeune guerrier. Tout près de sa main, un paon de jour se posa délicatement.
C'était un bon présage.
Jin en était persuadé.
***
Il avait revêtu un kimono de coton léger, sourd aux protestations des servantes qui s'offusquaient de le voir porter des vêtements si peu dignes de son rang. Il avait esquissé un sourire avant de s'éloigner à pas lents vers l'allée pavée de pierres blanches.
En trois mois, le jardin d'été s'était épanoui, révélant les parfums subtils des fleurs dont il était tapissé. Kazuya s'agenouilla dans l'herbe à présent sèche. Il ferma les yeux et emplit ses poumons de ces multiples senteurs.
Il n'était pas revenu depuis le départ de Jin pour le front aux côtés de son père. Il n'en avait pas eu la force jusqu’ici.
Mais maintenant, il avait toutes les raisons de croire et d'espérer.
Après tout, Jin lui avait fait la plus belle des promesses.
Un papillon d'un blanc argenté se posa au creux de ses mains, et s'immobilisa sur sa peau chaude de longues secondes. De très longues secondes.
Kazuya sourit avant d'effleurer du bout de ses doigts les ailes fines et délicates de l'insecte, les mots de Jin résonnant au fond de son cœur.
« Qu'importe la manière...Je serai toujours à tes côtés, Kazuya »
"Ichiya kagiri no
Tsuki no hikari"
Just for one fleeting night,
The moonlight shines.
"Subete nugisutete
Habataku chou ni naru"
Shedding everything,
I become a butterfly taking flight.
"Umarekawattemo dakishimete ne
Onaji yasashisa de watashi wo aishite"
Even if I’m reborn, hold me again—
Love me with the same tenderness as before
