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Jalousie Jalousie

Summary:

Fait dans le cadre du Secret Santa Kaamelott 2025 sur tumblr, voici mon humble participation.
Cadeau pour @sloubs. Cœur sur toi.

Après un énième sauvetage d'une de ses équipe de bras cassé, Arthur n'est pas ravi de devoir ramener Kolaig à la maison.
L'amitié entre Kolaig et sa femme, La Reine Guenièvre le rend nerveusement jaloux.

Notes:

Work Text:

« Encore une fois, vous nous avez sauvez la vie, Sire. » Dit Venec avec admiration.
« Mouais, ça ne fera jamais que la 1000ème fois » Bougonne Arthur dont le regard lorgne dangereusement vers le bout de ce vieux rafiot trouvé par Venec.

Venec intrigué jette un œil à ce qui semble agacer Arthur. Guenièvre est en plein éclat de rire avec Kolaig. Reportant son regard sur Arthur, Venec tente de rester sérieux. Le roi le remarque et son visage s’assombrie. « Quoi ? »
« Rien. »
« Vous faite vot’ tête de cancanière, j’aime pas ça. »

Le Pirate ne dit toujours rien mais son regard en dit long.

« Fermez-la. »
« Mais Sire j’ai rien dit ! » Se défend Venec.

Arthur s’en va mi-boudeur mi-agacé pour retrouver sa femme.

« Comme ça, vous travaillez à la Taverne avec le Seigneur Karadoc ? Ça va, il n’est pas trop à cheval sur la cuisson des viandes ? Je me souviens qu’à Kaamelott, le Seigneur Karadoc allait jusqu’en cuisine pour disputer le cuisinier et le forcer à terminer la cuisson d’une côte de porc. »

« Si vous voulez mon avis, il vaut mieux avoir Karadoc aux cuisines que mon cousin aux fourneaux. Un gâteau un peu trop cuit et il vous le jetait au visage. »

Arrive Arthur avec son air bougon, des yeux accusateurs tournés vers Kolaig. Son visage s’adouci, dans sa tête, le Roi cherche un moyen de faire partir son rival. « Venec vous appelle. Il a besoin que… de vous ! Il a besoin de vous pour aider les autres à détacher la voile. Le Tavernier s’est emmêlé les mains dans les cordages, un vrai bordel. »

« Ah oui ? » Kolaig s’interroge, observant le Tavernier et Karadoc discuter du drôle qu’ils avaient trouvé lors de leur dernière destination. Kolaig était sur le point de le contredire mais en croisant le regard furieux d’Arthur, il se ravise. « Ui. J’y vais de ce pas Sire Arthur. » Il salut Guenièvre avant de partir et s’empresse de les quitter.

Arthur a retrouvé le sourire mais cet air ravi disparait très vite à son tour. Guenièvre le regarde de haut en bas, des yeux jusqu’aux orteils. Il ne sait pas si elle est réjouie ou si elle est sur le point de lui faire une remarque. Il se met à douter et fronce les sourcils, presque inquiet.

« Quoi ? »

« Vous ne seriez pas un peu jaloux ? » L’accuse-t-elle avec une pointe d’amusement dans la voix.

Arthur écarquille les yeux, outré. « Moi. » Son index se pose sur sa poitrine, puis monte son doigt en l’air pour se défendre de cette calomnieuse accusation, totalement infondé ! « Qu’est-ce qui ne faut pas entendre. Et puis quoi encore, est-ce que j’aurais l’envie de lui mettre un coup de pied au cul chaque fois qu’il s’approche de vous, pire, qu’est-ce que j’aurais envie de lui faire à chaque fois qu’il porte son regard charmant et adorable sur vous !?! L’enfermer dans une cage ou l’envoyez en galère … » il réfléchit un instant, oubliant où il est, « très très loin, c’est pas une mauvaise idée ça…» Il surprend Guenièvre le regarder avec un léger sourire. « Mais je n’le ferais pas ! Parce que pourquoi ? Parce que je ne suis pas jaloux. » Arthur s’esclaffe.

Guenièvre jubile intérieurement mais elle ne laisse rien percevoir, car voir Arthur monter sur ses grands chevaux pour démontrer qu’il n’est pas jaloux est parfaitement délicieux.

« J’m’appelle pas Calogrenant, merci bien. »

« Alors ça ne vous dérange pas d’aller dîner à la Taverne à notre retour ? Kolaig voudrait nous faire gouter une spécialité de sa famille, il paraît que ça fait fureur en plat du jour. »

Guenièvre s’éloigne laissant un Arthur seul avec ses pensées intrusives, s’imaginant faire bouffer ses gâteaux à Kolaig et le voir s’étouffer avec. Sortant de ses rêveries, il découvre que Guenièvre est déjà partie.

 

Comme le lui avait annoncé sa femme, ils se retrouvèrent tous à la Taverne. Par chance, l’heure du dîner étant passé, ils passeraient la soirée au calme, loin du brouhaha de la journée.

Arthur en avait plein les pieds. Toutes ces journées passées chez ses beaux-parents lui avait presque fait oublier les longues journées de quête à marcher devant son cheval fatigué et à deux doigts de clamser. Guenièvre ne se plaignait pas. À y réfléchir, il n’avait pas souvenir de la dernière fois qu’elle s’était plainte.

A croire que le choses avait été inversées.

Kolaig et Karadoc s’étaient mis au travail dès leur arrivée. Arthur n’était pas surpris de voir que son chevalier maniait avec beaucoup de minutie et perfection un couteau de cuisine alors qu’il échouait lamentablement à mettre une épée dans le buste d’un ennemi. Avec le temps, il en venait à se demander si Karadoc était bien sur la liste des chevaliers adoubés.
Le fumier, à tous les coups il n’y était pas …

Le Tavernier apporta le pain, la charcuterie et la boisson. Arthur se blotti contre sa femme, qui instinctivement pose une main derrière son dos pour la poser sur sa hanche.

« Pas question de retourner en Carmélide ce soir. La nuit est déjà bien entamée et on ne sait pas qui peut traîner sur les routes. » Annonce le Tavernier.
« OUAIS PARCE QU’ON A PEUT-ÊTRE CROISÉ PERSONNE LÀ, MAIS QUI SAIT CE QUI TRAÎNE SUR LE CHEMIN DE LA CARMELIDE ! » Ajoute Karadoc à l’autre bout de la taverne.

Arthur lève les yeux au ciel, il attrape le pain et commence à se couper un bout. Il prend ce qui ressemble à du pâté et en étale sur son pain, qu’il partage avec Guenièvre comme s’il avait fait ça toute sa vie.

Karadoc arrive avec des morceaux de viandes pas cuite et diverses sauces qu’Arthur lui-même ne connaissait pas. Arthur regarde ça avec dégout et se demande ce qu’il lui prend de servir de la viande crue. Kolaig n’est pas loin derrière, armé d’un petit chaudron, d’huile et de piques à fourche tandis que le tavernier allume un petit barbecue au centre de la table.

« Guenièvre, vous allez adorer ! » Dit Kolaig avec des étoiles dans les yeux, à l’idée de faire découvrir son plat à son amie.

Arthur ne loupe rien. Les étoiles dans les yeux de Kolaig, les regards qui se croisent, les petits sourires échangés, la joie sur le visage de Guenièvre … Ses yeux s’assombrissent. * Pour l’instant, tu restes calme. Il fait le guignol pour impressionner ta femme, mais tu l’auras. Tu l’auras. *

« Dans ma famille, quand l’hiver arrive et qu’il fait froid, on prend des morceaux de pain qu’on va venir plonger dans du fromage » Commence Kolaig.
« Bon là, on a plus de fromage parce que les gars on pas fait les stocks mais on a trouvé une alternative. » Continu Karadoc.
«C’est un plat qui va vous réchauffer le corps tout en douceur et avec Karadoc, on a trouvé une huile de pépin de raisin et on a plonger des morceaux de pain dedans. C’était pas mauvais mais ça faisait pas pareil. » Explique Kolaig.
« On a retiré le pain et on a mis de la viande à la place. Et alors tenez-vous bien Sire ! » Termine Karadoc.

Arthur et Guenièvre se regardent, s’attendant à une suite mais quand rien ne vint, tous deux hausse les épaules dans l’incompréhension.

« Et donc ça, ça vient de votre famille. » Tente un Arthur peut rassurer de devoir manger de l’huile.
« Ouais, on appelle ça une fondu, vous m’en direz des nouvelles ! »
« Ça vaut pas la fondu au fromage mais c’est franchement pas dégeulasse. » Regrette Karadoc.

Arthur fait comme les autres, il prend son pique et viens piquer un morceau de viande qu’il trempe dans l’huile.

« Attention, celui qui perd son morceau de viande à un gage. » Averti kolaig avec un grand sourire.
Les pupilles d’Arthur lancent des éclairs en direction de Kolaig qui s’amuse avec les autres, à essayer faire tomber les bouts de viande au fond du chaudron.

La soirée avance, les sourires s’agrandissent, les rires fusent, les injures se faufilent entre deux éclats de rire. Les gages tombent et tout le monde joue le jeu. Tout le monde ? Non. Un irréductible bougon continu de faire la tête. Inlassablement.

« Ah Sire ! Votre bout de viande est tomber ! » S’enjaille Kolaig. « Alors quel gage ont pourrait lui donner ? »
« Je sens que je vais pas apprécier. »
« Arrêtez de faire votre mauvaise tête. Amusez-vous pour une fois. » Lui demande Guenièvre
« Je sais ! » Kolaig se lève et cours chercher quelque chose dans une caisse, dans un coin de la cuisine. Il revient avec une petite bouteille en terre cuite.
« AAH le fumier. » Karadoc enfourne un bout de viande dans sa bouche en souriant.
« Qu’est-ce que c’est ? » Demande Arthur peu rassuré.
« Ça c’est de la fabrication locale. »
« Quand j’ai relancé la machine, avec les paysans on s’est dit qu’on allait se soutenir les uns les autres. Que du produit Breton. Bien évidemment, on privilégie les produits de qualité et puis … »
« Et puis y a les produits de merde que personne ne veut mais qu’on arrive tout de même à mettre dans les assiettes des connards qui viennent nous casser les noix. » Se ravi Karadoc.
« Et faut voir les connards. » Confirme le Tavernier.
« Et donc vous allez me faire boire de la merde. »
« De la merde, tout est relatif. Voyez plus ça comme une petite vengeance de ma part pour le voyage de merde que vous m’avez fait passer, parce que vous ne supportez pas que je parle avec vot’ femme. »

Guenièvre baisse la tête, elle glisse son verre jusqu’à ses lèvres pour se faire toute petite.

« C’est donc ça. »
« Sire on ne peut nier que vous êtes un petit peu jaloux de notre ami Kolaig. » Ose le Tavernier.
« Je suis pas jaloux. »
« Vous m’avez jeté dans la mer en espérant que personne vous voir faire tout de même. »
« J’ai pas fait exprès. Mon pied à glissé, vous étiez là et voilà, je vous ai poussé malencontreusement dans l’eau. »
« Vous m’avez attrapé par les pieds et vous m’avez fait basculer par-dessus bord. »
« C’est faux. »
« Non mais cherchez pas, il n’avouera jamais on vous a dit. » Rappel Karadoc à Kolaig qui n’en démord pas.
« Mais je n’ai rien à avouer, j’ai rien fait et, je suis pas jaloux et d’abord, vous n’avez pas de preuve. »
« Arthur, vous devez boire ça. C’est un cadeau de Guethenoc pour la réouverture de la taverne, je suis sûr que ça lui fera très plaisir de savoir que le Roi Arthur y a goûter. »
« C’est Guethenoc qui l’a fait ? »

Toute la table acquiesce, mise à part Guenièvre qui est tout aussi inquiète qu’Arthur.

« Vous voulez que je crève en fait. Et quand je serais mort vous en profiterez pour aller draguer ma Nana et pour lui demander sa main et ça, c’est hors de question, y a que moi qui peut avoir ma femme, C’est Clair où faut que j’lui fasse comprendre en lui mettant un coup dans les noix ? » S’énerve Arthur.
« Oooh, alors vous m’aimez vraiment. » Guenièvre porte ses mains à sa poitrine un grand sourire aux lèvres et des yeux pétillants de bonheur.
« Sire, je vous le dis, entre Guenièvre et moi, ce n’est qu’une pure et profonde amitié. » Tente Kolaig pour rassurer Arthur.
« La dernière fois qu’on m’a dit ça, le gars est parti en forêt avec ma femme et je l’ai retrouvé attacher au plumard et la seconde fois, je l’ai retrouvé enfermé dans une tour dégueu et en ruine. Alors pardonnez d’avoir des doutes ! D’ailleurs pour vous c’est Reine Guenièvre. » Il pose sa main sur la cuisse de sa femme toujours avec son air bougon, mais fatigué cette fois.
« C’est marrant parce que, moi quand j’étais marié avec votre femme, vous n’en aviez rien à foutre. » S’écrit Karadoc en y repensant.

Arthur et Guenièvre lui lancèrent un regard noir. Cette période de leur vie bien enterrée, ils n’avaient pas envie de se voir rabâcher cette histoire de nouveau.

« Allez Sire, pour les honneurs, vous devez boire ce picrate qu’on en finisse une bonne fois pour toute. » Dit Kolaig en tendant un verre plein à Arthur.

Arthur attrape le verre, regarde le contenu d’un air dégouté, l’odeur rance du raisin fermenté remontant jusqu’à ses narines. Il soupire, se bouche le nez et avale presque d’une traite, le liquide ressemblant vaguement à du vin.

« C’est fait, maintenant, jeter moi cette merde par la fenêtre avant que tout le monde ne tombe malade. »