Work Text:
« Je peux vous apporter de quoi boire ? »
La voix un peu rude mais aimable de la serveuse le sort de ses pensées. Elle a des yeux noirs mais pleins de rire et les lèvres roses et charnues. Son visage montre des signes de fatigue évidents malgré le sourire qui orne sa bouche.
Elle lui tend une carte simple et il jette un œil aux boissons proposées. Il opte pour un thé glacé, l’été est bien installé, comme en témoigne la terrasse comble, et avec lui une chaleur étouffante que l’air marin a du mal à combattre.
Finalement, il ne regrette pas d’être assis à l’intérieur. Au moins, il profite de la climatisation et de l'intimité qu’offre l’espace découpé en petits box.
Une fois seul, il observe le va-et-vient des employés. Ils ne sont pas nombreux : deux jeunes hommes un peu minces, un autre plus âgé derrière le bar qui fait aussi office de comptoir à la cuisine et la serveuse. Il détecte une ressemblance, ils doivent être de la même famille.
« Vous avez choisi ? La voix est plus douce et il lève les yeux vers la serveuse. Elle attend sa commande, il croit percevoir un éclair de tendresse alors qu’elle croise son regard.
-Heu… yachaejeon, dakgangjeong et doenjang jjigae, s’il vous plait, répond-il en rendant la carte.
-Très bien. Et en boisson ? Bière ? Eau ? Thé ?
-De l’eau… non attendez, une bière plutôt. »
Ce soir, il oublie les règles strictes d’alimentation de son directeur artistique. Il sent son téléphone vibrer dans sa poche. Dans un soupir, il le sort et ne s’attarde pas sur les notifications qui apparaissent à l’écran puis l’éteint. Il a besoin de temps pour lui, pour mettre de l’ordre dans ses pensées et calmer sa colère.
Bercé par la musique qui résonne doucement dans la salle, il se plonge dans le souvenir des dernières heures.
Ses amis étaient tous fatigués, il les voyait s’écrouler sur le parquet da la salle de répétition. Leur tournée démarrait dans deux jours et les entraineurs leur mettaient la pression.
Il savait qu’ils ne feraient rien de bon sur scène si toute leur énergie était pompée par les répétitions. Il avait déjà plaidé auprès des managers pour calmer le jeu et leur permettre de souffler. Seulement le directeur artistique avait opposé un non ferme et définitif à ses demandes. Et il ne supportait plus l’attitude dominatrice de son ainé.
« Je pars ! On court au désastre pour le premier concert si l’on continue. J’ai besoin d’air et de repos. » avait-il dit d’une voix forte en se relevant.
L’entraîneur avait voulu le forcer à continuer, le menaçant de sanctions s’il ne reprenait pas la chorégraphie. Sans un mot et le regard plein de hargne, il avait pris ses affaires et quitté le studio, regagnant l ’ hôtel et sa chambre. Les sept autres avaient été interloqués : il n’avait jamais défié leur staff, toujours sage et soumis, et surtout jamais pour lui-même. C’était toujours pour les protéger eux.…
Une fois sorti de la douche, il avait réalisé qu’il étouffait dans cette chambre d’hôtel. Il avait besoin de plus de solitude, de plus d’espace. Alors, avant de croiser qui que ce soit, il était sorti discrètement, casquette noire vissée sur la tête et masque sur la bouche. Vêtu d’un ample sweat-shirt noir et d’un pantalon cargo de même couleur, il s’était fondu dans la masse des noctambules, arpentant les rues éclairées pour aller sur la plage. Sans escorte, le poids sur sa poitrine s’estompait lentement,
Le bruit des plats posés sur la table le sort de sa torpeur.
« Bon appétit. Appelez-moi si besoin. Je suis Ana… » dit la serveuse avant de le laisser seul.
Les odeurs sont enivrantes, le goût des plats incroyables. Ce n’est pas de la cuisine sophistiquée et il se rend compte qu’il apprécie plus que tout ces recettes simples, alliant ingrédients de qualité et amour du travail bien fait. Il est repu quand Ana vient débarrasser sa table.
« Dessert ? Café ? Bière ? »
Il ne sait pas s’il peut encore avaler quoi que ce soit. Mais il est sûr de ne pas vouloir quitter sa place…
« Tranquillité ? répond-il plus sèchement qu’il ne l’aurait voulu.
-On en est tous là. Mais je n’ai pas ça au menu, réplique-t-elle sur le même ton.
-Non ! Attendez… dit-il rapidement en prenant la main de la jeune femme. Désolé… je n’ai pas eu lune très bonne journée mais vous n'êtes pas responsable. Je suis navré, je n’aurais pas dû vous parler comme ça…
-Pas de problème. Vous n’êtes ni le premier ni le dernier à m’envoyer sur les roses. »
Et elle s’éloigne sans un regard quand il desserre son emprise sur ses doigts, surpris par la pointe de sarcasme contenue dans ces mots. Il se sent subitement mal, il ne voulait pas lui faire de la peine.
Petit à petit, la terrasse se vide, et les bruits de la cuisine s’apaisent. Les deux jeunes hommes sont partis après avoir salué le cuisinier derrière le bar. Ana termine de nettoyer et de ranger les tables à l’extérieur avant de s’approcher.
« Désolée mais on va fermer, dit-elle en récupérant la bouteille vide et son verre.
-Oui bien sûr, je pars… combien je vous dois ? demande-t-il en sortant son portefeuille.
-Laissez tomber… le repas est offert. Vous m’avez l’air tellement déprimé que je répugne à prendre votre argent.
-J’ai de quoi payer. Et je n’ai pas besoin de votre charité… » rétorque-t-il en sortant des billets qu’il pose brutalement sur la table.
Il ne veut pas de sa pitié. Il ne veut pas voir dans les yeux d’Ana autre chose que de la sincérité. Il ne sait pas pourquoi il pense ça, il ne la connaît pas. Mais sa réflexion l’agace prodigieusement.
Il quitte le restaurant, frappé par la fraîcheur de la nuit. Les rues sont moins animées alors qu’il remonte lentement vers son hôtel. La brise marine passe dans ses cheveux et la sensation est agréable. Il respire mieux, est moins oppressé, plus libre. Mais il sait que ça ne durera pas : dès qu’il rentrera dans sa chambre, il se retrouvera avec sept garçons inquiets voire en colère de sa fugue. Et un directeur artistique fou de rage qui lui passera un savon pour avoir désobéi, bu et manger autre chose que ce qui lui était imposé. Il n’est pas pressé de se coucher.
Ses pas le mènent de nouveau sur la plage. Il s’assoit sur le sable humide, écoutant les vagues s’échouer au loin.
Il sort son téléphone de sa poche et le rallume. Il n’est pas surpris du nombre d’appels en absence de ses amis ni de l’avalanche de notifications de messages enregistrés sur son répondeur. Au milieu de tout ça, il y a des textos de son assistant, de son maknae et de son Hyung.
Il soupire avant de refermer l’appareil et, les yeux clos, pose son menton sur se genoux relevés.
Des pas font crisser le sable derrière lui et brise le cocon de paix qu’il avait réussi à mettre en place autour de ses pensées. La personne reste immobile derrière lui, ne semblant pas décidée à le laisser tranquille…
« Et bien… je te pensais déprimé… au final, tu es plutôt dépressif… »
La voix ne lui est pas inconnue : Ana… mais cette fois, les mots sont doux et répandent une chaleur dans son corps.
« Et toi ? Toujours aussi sarcastique ? » répond-il, un sourire sur les lèvres.
Dans un rire discret, la jeune femme s’assoit à côté de lui. Les réverbères de la digue éclairent son visage un peu rond et ses cheveux courts grisonnants. Elle est plus âgée que lui, il n’en doute pas une seule seconde et réalise un peu tard qu’il l’a tutoyée. Quel manque de respect lui dirait son directeur artistique, mais Ana semble ne pas être outrée. Et puis elle a commencé. Il n’a fait que suivre le mouvement.
« Alors ? Demande-t-elle après un silence tranquille.
-Alors quoi ?
-Comment un bel étranger comme toi se retrouve dans un restaurant comme le mien un soir de semaine ? Nous ne sommes pas cités dans les guides touristiques ni même dans un quelconque guide d’ailleurs. À moins qu’on n’indique la route, personne n’atterrît au Secret Moon par hasard…
-Eh bien tu te trompes. Je ne suis pas d’ici c’est vrai. Je me suis perdu je pense… dans mes pensées comme dans les rues… et donc j’ai atterri chez toi par hasard.
-Oh… pauvre petit animal errant… ne t’égare pas pour rentrer à ton hôtel alors, les allées du bord de mer ne sont plus sûres quand les lumières s’éteignent…
-Je n’ai pas très envie de rentrer… ce qui m’attend est peut-être pire que les fantômes des rues de ta ville… »
Le silence entre eux n’est pas pesant, il comprend qu'Ana attend qu’il se livre. Il réfléchit un moment avant de réaliser qu’il n’a plus sa casquette et que son visage est découvert. Et merde… observant la jeune femme à la dérobée, elle ne montre aucun signe qui pourrait faire penser qu’elle l’ait reconnu.
Il ose tout lui dire.
Il lui raconte les heures d’entraînement, la sueur, la fatigue, les répétitions et les nuits où il s’écroule sans rêver. Les contrats et les clauses alambiquées, les obligations morales de plus en plus nombreuses. Il lui parle de ses sentiments qu’il ressent pour un ami en particulier et qu’il ne peut dévoiler sous peine d’être mis sur la touche. Il se plaint du directeur artistique exigeant qui a été assigné à leur groupe, des mots durs qu’il a à son encontre et de tout ce qu’il leur impose. Sans dévoiler qui il est ni qui sont ses amis. Il s’en sort plutôt bien.
« Tu es une sorte de musicien alors ? Dit-elle quand il se tait enfin.
-Oui…
-Le seul conseil que je puisse te donner c’est de ne pas te laisser emprisonner. Vis pour toi et tes envies, aime tes amis mais ne laisse personne te diriger. »
Leur discussion s’arrête là. Ana se lève, se débarrasse du sable sur son pantalon et le regarde tranquillement mais son visage n’est plus aussi joyeux qu’au restaurant, Il voit un éclat de tristesse dans ses yeux quand elle reprend la parole.
« J’avais une amie… on était toujours ensemble, on ne savait pas ce qu’on serait plus tard mais on savait ce qu’on ne voulait pas : être soumises et enfermées dans un carcan traditionaliste. » dit-elle avec un petit rire tendre.
Il la laisse se perdre dans ses souvenirs, conscient que ce qui va suivre est dur à raconter pour la serveuse.
« Jusqu’à ce qu’elle rencontre celui qui est devenu son mari : un an plus jeune, plutôt pas trop mal foutu et enfant unique. Tout le contraire de nous mais il était si prévenant avec elle.
Au début, on s’entendait très bien, on passait de bons moments tous les trois. On est allé dans la même faculté, chacun dans une spécialité. Après le diplôme, ils se sont mariés et nos relations ont commencé à changer.
Petit à petit, il nous a séparées, trouvant de bonnes excuses pour ne pas qu’on se voit : le travail, les enfants, la famille… j’ai essayé de maintenir le contact mais il a réussi à l’emmener loin de moi. Il l’a emprisonnée dans cette routine qu’elle détestait, manipulant ses sentiments et ses pensées. Elle n’a jamais pu s’en sortir.
Et puis un jour, j’ai reçu une lettre : elle m’avait quittée… » murmure-t-elle, une larme roulant sur sa joue.
Elle souffle un peu pour se ressaisir.
« Alors je te le répète : ne te laisse pas emprisonné dans une vie que tu ne veux pas. Tu es jeune et tout à fait capable de prendre des décisions. Personne ne doit le faire à ta place. Il faut savoir prendre des risques pour être soi-même. »
Alors qu’il remonte l’avenue fortement éclairée du bord de mer, les mots de la serveuse ne cessent de résonner dans son esprit : qu’arriverait-il s’il prenait en compte son conseil ? S’il se décidait à ne plus se laisser imposer sa vie ?
Tout est calme à l’étage de l’hôtel quand il sort de l’ascenseur. Les rideaux de la chambre ne sont pas fermés et les lumières de la ville éclaire suffisamment la pièce pour qu'il se dirige directement dans la salle de bain.
La lumière de la pièce lui permet de distinguer une forme endormie dans son lit. Son cœur se serre alors qu’il imagine l’inquiétude de son compagnon. Dans la pénombre, il distingue des larmes coincées dans les cils, il s’en veut immédiatement d’avoir été égoïste et de ne pas avoir répondu aux messages.
Il ferme la porte silencieusement pour ne pas le réveiller et se prépare à le rejoindre. Ses yeux se posent brièvement sur son reflet : il a une sale tête…
Demain, il devra faire face aux visages inquiets de ceux qu’il considère comme ses frères, leur mentir encore une fois et minimiser ce qu’il ressent. Ana apparait dans le miroir alors qu’il s’apprête à éteindre les lumières et avec lui un bref sentiment de plénitude. Le conseil qu’elle lui a donné ce soir est gravé dans son esprit désormais…
Doucement, il soulève la couverture et se glisse contre le corps endormi, posant son bras sur la taille fine. Une main agrippe son poignet, le tirant fermement contre son amant. Il entend un soupir de contentement et embrasse l’épaule devant lui.
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Le concert est terminé et la salle de spectacle se vide peu à peu. Dans les coulisses, les équipes rassemblent costumes et accessoires. Sourire aux lèvres, le groupe est épuisé, pourtant ils doivent encore aller à la rencontre de leurs fans, le directeur insiste pour qu’ils le fassent même s’ils ne tiennent plus debout.
« Un fan heureux est un fan qui achète des souvenirs et c’est plus d’argent pour nous, avait-il dit un jour. Et puis vous êtes payés pour ça. »
Ça les avait tous choqué mais qui étaient-ils à l’époque pour oser le contredire ?
Dans la petite salle de bain attenante à leur loge, à tour de rôle, les huit garçons lavent rapidement la sueur de leur performance artistique avant d’enfiler des vêtements plus confortables et de rejoindre le grand hall. Derrière les barrières, les fans sautent d’excitation et rient pendant que d’autres commentent le set qu’ils viennent d’entendre.
Il se raidit en voyant le directeur artistique avec les managers, leurs yeux se croisent et il sait qu’il va devoir expliquer son comportement. Il sait aussi qu’il va devoir baisser la tête comme un enfant de dix ans pris en faute et accepter la punition. Cependant, il n’est plus si sûr de vouloir encore se soumettre.
En attendant, il se concentre sur les visages souriants devant lui. Il signe des autographes, prend des photos, serre des mains et remercie les fans pour les encouragement et les félicitations.
Il accroche un regard dans la foule devant lui : des yeux noirs et un peu rieurs. Puis il voit les lèvres roses, le visage rond, les cheveux cendrés… et le sourire sincère. Elle lui tend une photo de lui, demande un autographe et un selfie. Il n’arrive pas à détacher ses yeux d’elle. C’est son assistant qui le force à continuer la longue file des anonymes venus voir leurs idols.
Il se penche à l’oreille du jeune homme qui l’accompagne.
« Tu vois la fille là bas ? dit-il rapidement en lui montrant Ana parlant au maknae du groupe. J’aimerai lui parler. Emmène-la ailleurs s’il te plait.»
La demande étonne l’employé mais il s’exécute.
Il continue de sourire pendant un temps qui lui semble incroyablement long et, une fois que les managers mettent fin à la rencontre, il quitte rapidement le groupe et disparait dans la direction indiquée un peu plus tôt par le jeune homme qui l’accompagne.
Ana l'attend dans un bureau à l’écart des loges et de l’effervescence des irréductibles qui espèrent les apercevoir encore une fois.
« Tu savais qui j’étais ? demande-t-il sans préambule, la porte à peine fermée. Il semble en colère mais le ton de sa voix dit tout le contraire.
-Oui. Quasiment dès ton arrivée…
-La table à l’écart, une unique serveuse, et le calme autour de moi. Tu l’as fait exprès ?
-Je suis ton groupe depuis quelque temps déjà. J’ai vu la peine et la fatigue sur vos visages. Et ton regard plein de colère m’a fait pensé que tu n’aimerais pas être assailli par des fans en délire. Pas d’inquiétude, personne ne dira que tu es venu manger chez nous. »
Il sait que son temps avec elle est compté, ils quittent la ville demain. On ne tardera pas remarquer son absence et à le chercher pour le ramener à l’hôtel.
« Tu dois partir… il entend les mots qu’elle prononce. Mais il ne veut pas comprendre.
-Quoi ?
-Tu dois partir. Ton assistant est à la porte. » Répète-t-elle avec un sourire.
D’un œil, il aperçoit la porte entrouverte et les yeux inquiets de celui qui l’accompagne au quotidien. Dans sa poche, son téléphone vibre, s’il ne réapparaît pas rapidement, ses amis passeront le bâtiment au peigne fin pour le retrouver.
« Je veux te revoir. Tout ce que tu as dit sur la plage… ça résonne encore en moi. Et je veux continuer à pouvoir te parler… je ne sais pas… tu ne juges pas ma vie, tu écoutes sans chercher à m’imposer ton point de vue, c’est ce dont j’ai besoin. Et surtout, t’es moins chère qu’une psy… dit-il en souriant. Le trait d’humour allége un peu l’atmosphère devenue un peu triste.
-Ok… caprice de star ? Demande-t-elle malicieusement.
-Demande d’amitié plutôt ? » répond-il dans un sourire.
Seul dans sa chambre d’hôtel, il repense à la rencontre. Avant de le quitter, Ana avait enregistré son numéro dans son téléphone sans hésitation. Il avait conscience que ce serait compliqué de garder leurs échanges secrets. La surveillance allait se renforcer autour du groupe et de lui particulièrement, après tout en quarante-huit heures, il avait disparu deux fois et sans avertir personne. Mais elle est prête à l’aider et il lui en est reconnaissant.
Les lumières de la ville éclairent la casquette sur la commode, la serveuse la lui a rendu. En ajoutant qu’elle aurait pu la revendre à prix d’or ou même la garder pour elle.
« Après tout, je suis peut-être une saenseng… » lui avait-elle murmuré à l’oreille, hilare, avant de prendre congé.
Il entend la porte de sa chambre s’ouvrir, laissant passer la lumière tamisée du couloir. Il se doute de qui est entré dans sa chambre. Quelques secondes plus tard, la couverture se soulève et un corps chaud se presse contre lui.
« Tu ne dors pas ? Comment s’est passé « l’entretien » ? la voix est fatiguée, un peu grave.
-J’ai dû m’excuser devant l’entraîneur que j’ai « malmené ». Je suis puni également : je dois suivre scrupuleusement le planning, accepter tous les ordres et je dois rendre compte de tout ce que je fais pendant les temps libres. dit-il en caressant le bras qui l’entoure, un peu honteux. Seonghwa, je suis désolé si je vous ai inquiétés…
-Ne sois pas désolé… Hongjoong, tu as eu raison. Te voir t’opposer aux ordres et imposer ta volonté nous a fait réagir. Finalement, cette pause était nécessaire, pour tout le monde. J’ai apprécié de me prélasser seul à la piscine de l’hôtel, de bouquiner avec Jongho sans parler une seule fois pas de danse ou ajustement de voix… Juste… ne nous laisse plus sans nouvelles ni sans nous dire où tu es…
-Promis… »
Les yeux de Honjoong se ferment quand les mains de son amant viennent effleurer sa peau, légères comme des plumes. Il ne peut s’empêcher de ronronner en sentant la langue de ce dernier lécher son cou. Doucement, Seonghwa le fait passer sous lui avant de venir embrasser ses lèvres tendrement. Le baiser devient plus pressant et le désir monte au creux des reins des deux amoureux. Il avale les gémissements de l’autre et les vibrations descendent jusque son sexe dressé.
Le tissu sur son érection est une torture, le Capitaine des Ateez veut sentir les doigts de l’autre se fermer sur sa peau sensible et chaude. Il est sûr que Seonghwa lit dans ses pensées quand il glisse sa main sous la ceinture élastique et libère la hampe dressée de sa prison de coton.
Les soupirs de plaisir remplissent la pièce. Et les mains repartent à la découverte des corps, comme si elles ne connaissaient pas chaque creux, chaque muscle, chaque petite imperfection cachée.
Les amants sont nus, pressés l’un contre l’autre, imbriqués naturellement, faits pour être collés ensemble. Ils l’ont su dès le premier regard, la première rencontre qu’ils ne se sépareraient jamais. Pour lui, il brave les interdits et menace à chaque baiser son avenir et celui du groupe. Et depuis sa rencontre avec Ana, il a pris conscience qu’il sacrifierait tout pour l’homme qu’il aime : sa notoriété, sa place au sein du groupe et son contrat si ça signifiait avoir le bonheur qu’ils méritent.
Le plus jeune est sorti de ses pensée par la bouche chaude et humide de son amant autour de sa bite. Il pousse un râle profond tout en enfonçant ses doigts dans la douce chevelure noire de jais.
La langue de ce dernier dessine des motifs abstraits sur la peau des cuisses, il le mordille, aspire encore et encore la peau sensible, le désir montant à chaque suçon laissé sur l’épiderme pâle. Il soupire de plaisir, il aime ce côté possessif de son compagnon et il sait que le jeune homme aime revendiquer ce qu’il considère comme sien…
Hongjoong sait qu’il est proche de son apogée, mais il veut prendre soin de son amant, lui faire comprendre qu’ils s’appartiennent mutuellement, le mener aux portes de l’extase et le faire vibrer de plaisir. Alors il se dégage doucement de l’étreinte et, dans un sourire demoniaque, inverse les places avant de laisser sa bouche et ses mains vagabonder librement sur le corps frissonnant de désir de Seonghwa.
Dans un baiser qui mêle désir et douceur, le leader du groupe attrape lentement les deux érections pour les faire se frotter l’une contre l’autre. Le pré-sperme humidifie les sexes dressés et ils glissent facilement dans l’étau de sa main. Le rythme des va et viens et la pression qu’il exerce les laissent un instant sans voix : la sensation est indescriptible. Le silence se remplit à nouveau de gémissements, de bruits de baiser mouillés et de halètements à mesure qu’ils sentent la chaleur monter dans le creux de leurs reins. Les lèvres se cherchent, plus pressantes, les mains de son amant griffent son dos et ils se libèrent en même temps sur les ventres musclés.
Ils sont tous les deux dans les limbes qui apparaissent après une bonne baise, sourire aux lèvres, le corps frissonnant des réminiscences de leurs ébats. Les jambes emmêlées, ils reprennent leur souffle, sans trop bouger. Délicatement, une main vient caresser sa joue et il sourit au contact.
Une fois nettoyés, ils s’endorment dans les bras l’un de l’autre sans prendre la peine de se rhabiller.
Les premiers jours de la tournée sont tendus : le directeur artistique ne le laisse pas seul une seconde, Hongjoong est en permanence surveillé, ses moindres faits et gestes scrutés et rapportés. Ce n’est qu’au bout d’une semaine qu’il trouve la possibilité d’appeler Ana.
Le concert de ce soir est une réussite mais son cœur menace d’exploser, il se sent pris au piège, au bord de la rupture. Il a besoin d’entendre les conseils de son amie.
Mais les sonneries passent et il craint qu’elle ne décroche pas.
« Allo ? La voix trahit la fatigue mais il peut sentir le sourire de la jeune femme.
-Salut… désolé d’appeler aussi tard et d’avoir mis autant de temps… j’espère que je ne te réveille pas… mais c’est un peu la folie depuis le début de la tournée… sa voix se serre, il veut s’excuser encore et encore. C’est lui qui a insisté pour garder le contact et avoir son numéro.
-Hey… pas de souci. Je viens de fermer le restaurant. Et puis…je ne m’attendais pas ce que tu appelles un jour pour tout te dire… je pensais que tu te contenterais d’un texto de temps à autre. »
Il y a un petit silence. Ils ont échangé des messages mais un appel n’engage pas la même chose. Les voix trahissent les sentiments, la fatigue, les pleurs. Les appels sont plus révélateurs, plus intimes et, sans la connaître vraiment, le jeune homme est persuadé qu’elle est capable de décrypter tous les non dits.
« Trésor ? Tu es là ? la voix de la jeune femme trahit un peu d’inquiétude.
-Je suis désolé…
-Alors raconte moi un peu : comment se passe la tournée ? Et les concerts ? Et avec ton directeur ? »
Ils discutent une bonne partie de la nuit. Il lui raconte l’entrevue avec le directeur artistique, sa punition et la réaction de ses amis. Elle lui parle du restaurant, des clients et des recettes qu’ils testent une fois les portes de l’établissement fermées.
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«Ma vie est moins trépidante que la tienne finalement… » dit Ana après un silence.
Ça fait plus plusieurs semaines maintenant qu’ils s’appellent une fois par jour et Hongjoong ne compte pas le nombre incroyable de textos qu’il lui envoie. Personne ne sait qui il contacte quand il s’isole. Il a trouvé le moyen de garder cette amitié secrète et il chérit chaque minute passée avec la jeune femme qui fait oublier pendant un temps la pression de la vie d’idol. Avec elle, il est juste un jeune homme discutant de banalités avec une amie.
« Ta vie est normale par rapport à la mienne… répond-il dans un soupir.
Le chanteur est allongé sur son lit, la journée a été épuisante mais il est heureux : ils ont posé pour divers magasines et répondu aux questions de journalistes musicaux. Cerise sur le gâteau : le directeur artistique et les entraineurs étaient absents. Il s’est senti plus libre de ses mouvements, appréciant pleinement ce moment seul avec son groupe, ses frères de cœur.
Ce soir, ils ont droit à un peu de repos, ils n’ont pas de représentation. Après avoir mangé avec les garçons, il a rejoint sa chambre, pris une douche et avait appelé son amie.
« Plains toi ! Séances photos, concert, rencontre avec les fans, maquillage, coiffeur, assistant… c’est toujours mieux que de servir des gens dans un restaurant discret au fond d’une impasse… dit-elle dans un rire.
-Au moins tu ne te mens pas à toi même… je n’ai jamais voulu être traité comme un objet… »
Ana a le cœur qui se serre en l’entendant prononcer ces mots : Hongjoong ne supporte plus son directeur artistique, la façon dont il gère l’équipe et le groupe, son besoin de tout contrôler et de tout savoir et il n’en peut plus de cacher ses pensées à ceux qu’il considère comme ses frères. Il ne lui a jamais avoué mais elle a appris à lire entre les lignes au fil de leur conversations.
Un coup à la porte de sa chambre l’oblige à couper court à la conversation avec la jeune femme. Alors qu’il pose son téléphone sur la table de chevet, le leader est surpris de voir entrer son maknae et l’autre rappeur du groupe. Ils ont l’air en colère… il a fait profil bas depuis son escapade, il ne peut pas être la cause de leurs mines sombres. D’un coup, il s’inquiète.
« Que se passe-t-il ? demande-t-il en posant son téléphone sur la table de chevet.
-On a un problème… commence le plus jeune.
-Que se passe-t-il ? Demande-t-il à nouveau, partagé entre peur et inquiétude.
-Notre directeur artistique veut faire surveiller nos lignes téléphoniques personnelles. »
Et merde, c’est de sa faute, il se pensait plus discret lors de ses appels à son amie. Il inspire profondément, prêt à avouer à ses amis toute l’histoire avec Ana. Mais une question s’impose à son esprit : comment les garçons sont-ils au courant des intentions de leur responsable ?
« C’est Wooyoung qui l’a entendu en parler avec un des entraîneurs, répond Mingi à la question silencieuse.
-Pourquoi veut-il faire ça ? Comment compte-t-il y arriver ? » Demande-t-il.
Il est fou de rage : l’homme pense pouvoir leur enlever ce qui leur reste d’intimité sans qu’ils ne réagissent…
« Il envisage de profiter de notre absence dans la loge pour faire poser des logiciels espions sur nos appareils, explique Jongho calmement.
-Et les équipes ne diront rien. Ils ont tous peur de se faire virer… J’ai surpris une conversation entre deux de nos stylistes hier soir en partant du stadium. » enchaine le plus grand, dépité.
Les huit garçons se sont réunis dans la chambre de leur Capitaine, réfléchissant à une solution. C’en est trop, ils doivent empêcher cette intrusion dans ce qui leur reste de vie privée. Le groupe au complet est au courant des intentions malsaines de leur directeur artistique.
Le téléphone d’Hongjoong vibre sur la table de chevet. Il a prévenu son amie des derniers événements alors que ses amis arrivaient dans sa chambre.
« Confiez vos téléphones à quelqu’un pendant le concert. »
Il soupire, ils y ont songé. Mais à qui ? Les stylistes ont peur, les coiffeurs et les maquilleurs sont tous en admiration devant l’homme, les assistants sont trop jeunes et c’est une trop grosse responsabilité de leur demander de désobéir. Les managers ? Yeosang s’en méfie aussi. Ils ne connaissent pas le reste du staff.
« A qui ? On n’a personne de confiance ici… »
Les trois points qui indiquent que son amie répond clignotent.
« Vos chambres ont toutes un coffre fort.
Tu es littéralement dans un hôtel de luxe…
Tu penses que rien n’est prévu pour protéger
les biens des clients fortunés ?
Des fois je me dis que t’étais une méduse
dans une autre vie… »
La dernière remarque le fait ouvrir grand les yeux. C’est une insulte ça, non ?
Même dans ses messages, le naturel d’Ana est palpable. Il referme son téléphone non sans avoir répondu par des émoticônes bien choisies. Il peut entendre les rires de son amie en l’imaginant découvrir ce manque flagrant de respect qu’il lui devrait eu égard à son âge.
Sous le regard surpris du reste du groupe, il se lève du lit et ouvre le placard. Son amie a raison, dans le dernier tiroir, il y a un coffre fort, protégé par un code. Il n’a jamais prêté attention à ce détail, en réalité, le directeur a toujours fait en sorte qu’ils n’aient pas à penser par eux-mêmes… Dans un sourire, il montre aux autres la solution à leur épineux problème.
C’est Yunho qui voit le premier le secrétaire particulier du directeur entrer dans la loge. Il observe l’homme en costume faire le tour de la pièce, s’attarder sur les tables ou près des sacs ouverts. L’employé offre des sourires forcés aux assistants qu’il croise, accepte une boisson, donne des ordres ou fait des remarques.
Yunho fait discrètement signe à son Capitaine assis près de lui et Hongjoong détecte la surprise et la peur sur le visage un peu trop maquillé quand l’homme n’a plus de raisons de rester et quitte la pièce.
La joie d’avoir pu contrecarrer les intentions de leur directeur transparaît dans la prestation qu’ils donnent ce soir-là. Les fans sont extatiques, heureux de voir les visages de leurs idols rayonner de bonheur. Même s’ils sont à mille lieux d’imaginer les raisons des rires qui fusent sur la scène.
Après leur découverte, Ateez prend l’habitude de se retrouver ensemble dans l’une des chambres qui leur sont attribuées. Et de changer de coffre à chaque fois, ils ne font pas confiance à leur « supérieur » pour laisser tomber son idée et tenter de récupérer les appareils par n’importe quel moyen…
Ils sont tous empilés sur le lit de Wooyoung, la musique en fond sonore s’échappe de l’enceinte bluetooth du jeune homme. Seonghwa somnole contre son épaule, Yunho et Yeosang jouent l’un contre l’autre avec leur consoles, San et Wooyoung regardent les photos prises pendant la journée. Mingi dérive doucement vers le sommeil pendant que Jongho bouquine assis dans le fauteuil du bureau.
« Je veux vous parler de quelque chose… »
Sa voix brise le calme de la pièce. Ça fait quelques jours qu’Hongjoong veut leur parler. Mais les concerts se sont enchaînés, les journées trop remplies et la fatigue ont freiné un peu son enthousiasme. Après la tentative de leur directeur de les espionner, le leader avait réalisé qu’il n’était pas le seul à se méfier de l’homme plus âgé. Et Ana pensait qu’il était temps qu’il se confie à eux, histoire qu’elle puisse dormir plus de cinq heures d’affilées…
Il est timide d’un coup, les regard sont posés sur lui et l’atmosphère un peu tendue. Il se lance, les mots et les idées sortent sans réelle cohérence.
« Je sais que je n’ai pas été très à l’écoute ces dernière semaines. Je sais aussi que c’est compliqué pour vous de ne pas pouvoir me parler comme d’habitude à cause mon attitude mais aussi de la surveillance dont je fais l’objet depuis mon escapade nocturne. Je m’excuse encore pour mon manque de respect envers vos sentiments et pour avoir été un sujet d’inquiétude. Il ne reste plus beaucoup de dates à couvrir et nous pourrons avoir un repos mérité avant d’enchainer sur le voyage au Japon…
-Je te coupe de suite. Nous avons été inquiets pour toi mais nous ne t’en voulons pas, dit San précipitamment.
-Nous avons tous des moments où on a besoin de s’éloigner du groupe… ajoute Jongho dans un sourire.
-Je suis quand même désolé de ne pas être le pilier dont vous avez besoin…
-Tu ne veux pas quitter le groupe n’est ce pas ? »
La question reste en suspens un instant. Yeosang n’a pas son pareil pour mettre les pieds dans le plat et appuyer là où ça fait mal…
Parce que c’est leur plus grande peur. Sans Hongjoong, ils ne sont plus Ateez…
« Je ne vais pas vous cacher que j’y ai songé. Mais parler avec Ana m’a fait réaliser que je pouvais prendre ma vie en main et arriver à reprendre le contrôle sans pour autant abandonner le groupe. Répond le Capitaine en souriant.
-Ok… qui est Ana ? Demande alors Wooyoung en se redressant. Le leader n’est même pas surpris que son ami n’ait retenu que ça de tout son discours…
-C’est une amie… ? »
Il sait qu’ils ne se contenteront pas de ces quelques mots. Surtout quand il voit les yeux brillants du danseur : il a éveillé sa curiosité et il ne le lâchera pas avant d’avoir tous le détails.
Seonghwa s’est tendu contre lui à l’évocation de la jeune femme.
Hongjoong se met alors à raconter sa rencontre avec celle qui est devenue sa confidente, les messages et les appels tard le soir ou dans les coins discrets, les conseils et ce sentiment de pouvoir se livrer sans jugement et surtout d’être écouté. Il leur fait comprendre qu’avec elle, il n’est pas Hongoojng, Capitaine des Ateez, idol reconnue dans le monde. Mais Kim Hongjoong, un jeune adulte qui se débat pour avoir une vie la plus normale possible.
« Pourquoi ne pas être venu nous voir ? Demande San doucement. N’importe lequel d’entre nous… on t’aurait écouter…
-Je suis désolé… répond Hongjoong, le cœur serré en voyant la déception sur le visage de ses amis. Je ne voulais pas vous faire porter le poids de mes doutes et des mes insécurités. C’est à moi de vous soutenir et de vous épauler, pas l’inverse….. je suis votre Capitaine…
-Tu te confies à une inconnue, serveuse dans un restau au fond d’une impasse… comprend que ça nous rend un peu triste… on dirait que tu n’as pas confiance en nous… dit Wooyoung en mordant sa lèvre inférieure.
-Ce n’est pas ça… je vous aime et je vous fais confiance. Mais Ana… ce soir là, elle a rompu quelque chose en moi et tout s’est déversé… c’était peut-être le bon moment… »
La phrase reste en suspens dans le silence de la chambre. C’est Yeosang qui initie un câlin collectif, lui qui déteste tant le skinship. Câlin qui finit en bataille d’oreillers et en éclats de rire. Ils ne restent jamais fâchés longtemps les uns contre les autres. Dans le désordre, Hongjooong croise le regard de Seonghwa : les yeux sombres sont emplis de doute et de tristesse.
Une fois le groupe calmé, les garçons avaient quitté la chambre de leur danseur avec la promesse de rencontrer Ana. Les deux plus âgés sont seuls, dans le silence de la chambre de Seonghwa.
« Pendant un instant, j’ai cru que tu voulais me quitter… »
Hongjoong resserre son emprise sur le corps nu de son amant. Il peut le sentir frissonner dans l’étreinte avant de se lover plus encore contre son lui.
« Je ne suis pas sûr de ce qui va arriver. Mais je suis sûr de ne jamais t’abandonner… »
Les mots flottent entre eux. Seonghwa se tourne dans ses bras et plante son regard dans le sien. La lumière du bureau éclaire faiblement la pièce mais Hongjoong peut lire au fond du regard sombre des sentiments identiques au sien. Et il sait que c’est le bon moment, il ne retiendra pas les mots qu’il meurt d’envie de prononcer depuis des mois.
« Je t’aime. »
Ils le disent en même temps, le plus âgé sourit doucement en caressant la joue du Capitaine.
Un baiser scelle la déclaration avant que des rires ne se fassent entendre. Le cœur d’Hongjoong est plus léger, Seonghwa lui murmure des douces promesses à l’oreille et il se sent comme adolescent.
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« Tu es dispo ce weekend ? Transport, hébergement
et concert aux frais de la princesse. »
Hongjoong pianote le message sitôt qu’il sort de la loge. Le manager Moon leur a annoncé la nouvelle : ils peuvent faire venir famille ou amis au prochain concert. Tout est pris en charge par l’Agence, une sorte de récompense pour leur travail acharné des dernières semaines.
« Quel et le piège ? »
« Pas de piège. l’Agence nous permet
d’inviter famille ou amis au prochain concert. »
« Rien à débourser…
Un week-end avec huit beautés…
Je réfléchis… »
La réponse arrive immédiatement. Hongjoong retient un rire en pensant que son amie n’a pas été difficile à convaincre.
« Ok.
Envoie moi les détails… »
Ana l’a averti de sa présence à l’hôtel et depuis, il n’arrive plus à se concentrer. Mais il n’est pas le seul, le groupe en entier semble en décalage. Ils n’ont pas besoin de s’exprimer, ils se comprennent. Il s’est passé beaucoup de choses pendant cette tournée et ces retrouvailles sont importantes pour leur moral.
Assis au poste de maquillage, il a les yeux fermés pendant que la jeune femme qui s’occupe de lui pose une ombre à paupière irisée sur sa peau. Les gestes sont précis et il somnole un peu, bercé par les bruits de fond des conversations.
Un instant, la maquilleuse s’interrompt, il sent une agitation autour de lui et quand le pinceau revient effleurer sa peau, il lui semble que le geste est plus léger.
« J’ai trouvé mon job de rêve… »
Il sourit doucement, il connait cette voix…
« Tu ne supporterais pas mes caprices de star… » dit-il avant d’ouvrir les yeux pour regarder le reflet de son amie dans le miroir de la coiffeuse.
Les stylistes et les coiffeurs ont disparu et les assistants sont en retrait, discutant avec le manager Moon. Il voit Seonghwa enlacer sa mère, Jongho chahuter ses amis, San rit assis dans le canapé de la grande loge avec sa sœur et un cousin de Wooyoung. Tout le monde rayonne de bonheur. Cette réunion est une vraie bouffée d’oxygène pour les idols. Elle gomme la fatigue des dernières semaines, la pression sur leurs épaules et cette sensation d’être emprisonné.
Comment est-ce possible ? Le Directeur Artistique n’avait pas été ravi d’apprendre la décision du président de l’Agence et avait tout organisé pour qu’ils passent le moins de temps possible avec leurs invités.
Selon lui, l’Agence n’avait pas à les chouchouter, la tournée n’était pas finie, ce n’étaient pas des enfants, ils pouvaient bien passer deux mois sans voir Môman…
Le Capitaine leur présentera Ana après leur prestation, il a capté le regard un peu jaloux de Seonghwa comme les questions silencieuses de Wooyoung et de Yeosang.
Cependant, ils doivent y aller, les fans attendent.
Hongjoong voit Seonghwa s’effondrer dans les bras de sa mère sitôt qu’il a quitté la scène. L’ainé avait voulu continuer la tournée alors que son grand-père venait de les quitter. Ce soir, la présence de ses parents dans la salle et l’affection des fans et du groupe ont eu raison de sa résolution à se montrer fort.
Le Capitaine n’a pas la cœur de séparer son Hyung de ses parents, il sait pourtant que le directeur artistique n’aura aucun scrupules à venir le chercher pour la séance de dédicaces. Comme si Ana lisait dans ses pensées, elle murmure à son oreille :
« Laisse le… Atiny comprendra son absence… Je reste avec eux… Personne ne le forcera. »
Il repense aux mots de son amie pendant qu’il sourit, signe et remercie les fans venus en masse les attendre. Il voit bien que Wooyoung est plus calme, que San ne force pas ses fossettes, que Mingi parle moins que d’habitude.
Au final, Ana a raison : Atiny accepte et comprend l’absence du plus âgé, il essaie de se souvenir de tous les mots que les fans ont prononcé pour lui.
« Dégages de là, connasse. Pour qui tu te prends à m’interdire d’entrer ? Il va faire ce pour quoi je le paie ! »
Les mots résonnent dans le couloir alors que le groupe rejoint les coulisses. La scène est surréaliste : Ana est devant la porte de la loge, empêchant quiconque d’entrer. La jeune femme a les bras croisés sur sa poitrine et ne bouge pas d’un pouce tandis que le directeur artistique lui postillonne au visage, sa main serrant le bras de la serveuse.
« Foutez lui la paix. Je pense que vous en avez assez fait… »
La voix calme et froide est implacable et n’attend pas de réponses. Les idols voient la jeune femme se dégager de l’emprise forte de l’homme et le fixer. L’ambiance entre les deux rivaux est électrique, chacun semble attendre que l’autre fasse un faux pas pour lui sauter à la gorge.
Le directeur est prêt à la rudoyer encore mais en voyant le monde autour d’eux, l’homme en colère la regarde une dernière fois avant de tourner les talons, suivi par son secrétaire et deux entraîneurs. Hongjoong se précipite vers son amie pour s’assurer qu’elle va bien. Il peut voir la colère dans ses yeux noirs mais elle ne semble pas blessée physiquement.
Personne ne parle de l’incident pendant le diner, tout le monde a entendu l’interaction houleuse mais il n’y a pas besoin de commenter. La nuit est bien avancée quand les premiers invités quittent la table. Petit à petit, il ne reste plus que les huit garçons. Hongjoong aurait voulu pouvoir discuter plus longtemps avec Ana mais la jeune femme s’est éclipsée pour répondre à un appel et n’est toujours pas revenue.
Alors que le groupe s’apprête à rejoindre leurs chambres, les portes du restaurant s’ouvre sur un étrange cortège : le Président de KQ s’avance dans la pièce, son assistant à ses côtés. Derrière les deux hommes en costumes sombres se tiennent le directeur artistique et trois membres de leur équipe. Si ces derniers semblent mal à l’aise, le responsable de l’équipe a la visage rouge et semble sur le point d’exploser.
Ils voient l’un de leur managers fermer les portes du restaurant avant de rejoindre son collègue et leurs assistants à une table en retrait.
« Je ne vous retiendrais pas longtemps, je sais que vous êtes tous fatigués. Je suis venu vous annoncer que les managers Moon et Park remplaceront votre directeur artistique pour la fin de la tournée. Et ils vous accompagneront également aux événements japonais en attendant de trouver une personne capable de gérer votre équipe.
De plus, ces messieurs, ajoute le President en montrant les autres hommes derrière lui, ont quelque chose à vous dire. Avant de quitter définitivement votre staff. »
Et devant le groupe au complet, les entraîneurs s’inclinent, se répandant en excuses sur leurs comportements. Puis le directeur artistique s’avance, les mâchoires serrées, le visage carmin et suant. Le Capitaine prend la main de son amant assis près de lui.
Seonghwa ne quitte pas l’homme des yeux, il a encore en tête les mots durs qu’il avait eu contre Ana. Hongjoong est tendu : leur responsable l’a si souvent rabaissé qu’il a envie de le frapper pour chacune des paroles qu’il a prononcés.
« C’est moi qui ai fait de vous ce que vous êtes aujourd’hui. Sans moi et mon sens artistique, vous seriez encore trainees ou vous ne seriez personne… Je vous ai appris à être fort, à surmonter la dureté de la vie de star. Je vous ai endurcis face à ceux qui veulent vous détruire… » les mots sont cruels et le ton froid. Le groupe sait qu’il ne faut pas attendre d’excuses.
Alors Wooyoung se lève :
« Vous m’avez rabaissé, me faisant travailler plus durement sans vous inquiéter de ma santé, m’imposant un régime et des cours de maintien. Sans jamais me laisser de répit, vous n’étiez jamais satisfait… Selon vous, je n’étais pas un vrai danseur et encore moins un idol. C’est ça que vous appelez m’endurcir ? J’ai passé mes nuits à pleurer et mes jours à m’épuiser… »
Le danseur laisse exploser sa rage, dévoilant les manipulations du directeur artistique.
Hongjoong soupçonnait que les changements de comportement du jeune homme n’étaient pas anodin mais il n’avait pas voulu le forcer, ayant peur de le voir se renfermer. Tout devient plus clair. San rejoint son ami et l’enlace, le regard dur qu’il lance sur celui qui a été plus un bourreau qu’un soutien vaut tous les mots du monde.
Avant ce soir, l’égérie Dolce et Gabbana était le seul à savoir les conditions que le Directeur avait imposées au danseur, il avait si souvent consolé ce dernier quand il était à la limite de craquer…
Hongjoong se lève à son tour, les poings serrés. Il lit sur les visages fermés de ses frères de cœur toute leur rancune et même quelque chose de plus. Il comprend que le directeur artistique s’est attaqué à chacun d’entre eux à un moment donné…
Sa voix lourde de colère s’élève dans le silence de la salle de restaurant :
« Vous deviez nous guider, nous épauler. Vous n’avez jamais écouté nos demandes ni nos douleurs. Vous nous avez fait travailler dur, invoquant nos fans : il ne fallait pas qu’ils soient déçus de nos performances. Vous nous avez fait croire que nous n’étions pas à la hauteur et que nous ne gagnerons jamais de récompense internationales…
Mais nous avons fait Coachella et Mawazine et nous sommes le premier groupe de Kpop à avoir foulé les scènes de ces festivals. Nous avons reçu des récompenses valorisant notre travail, nous avons fait des émissions partout dans le monde. Je peux dire aujourd’hui que ce n’est pas grâce à votre soutien. Mais grâce à ceux qui travaillent dans l’ombre pour faire qu’Ateez est ce qu’il est. Vous avez raison de ne pas vous excuser, vos paroles ne valent rien. Vous avez la capacité émotionnelle d’une petite cuillère. »
Hongjoong est essoufflé, il ne se souvient pas d’avoir arrêté de respirer. Il croise le regard du Président de l’Agence et il comprend qu’ils devront tous avoir une entrevue à leur retour à Seoul. Puis il se retrouve entouré et une larme de soulagement coule sur sa joue.
« On se verra à Seoul, je pense que vous avons beaucoup à nous dire… dit le Président de l’Agence sur un signe de tête et un sourire avenant.
-Comment avez-vous été mis au courant ? Demande Seonghwa à l’assistant alors que celui-ci se prépare à suivre son patron.
-C’est le manager Moon qui nous a prévenus. Il se préoccupe de vous, soyez en sûr… »
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La peau est douce sous ses doigts et Hongjoong aime y laisser des traînées de frisson. Lentement, il embrasse le dos de son amant, le faisant se cambrer sous ses lèvres. Il se déplace sur le côté, se rallongeant contre le corps nu à peine réveillé et laisse ses mains vagabonder sur la peau douce. Il sourit en le voyant frissonner un peu plus et continue son exploration. Il s’attarde sur les fesses toniques et les gémissements qui emplissent la pièce lui prouvent que Seonghwa prend son pied.
Le soleil se lève à peine et baigne la petite chambre de couleurs chaudes. Ils entendent par la fenêtre ouverte les vagues se briser sur la jetée et le cri des mouettes, il ne connait pas de meilleure façon de commencer la journée. Il fait descendre ses doigts le long des côtes et du ventre musclé avant de venir placer un doigt sur l’anneau de chair, taquinant le muscle plissé par des touches légères.
Son amant se fige une seconde avant de pousser son cul contre la main. Hongjoong retourne le corps délicatement et écarte les cuisses du plus âgé. Son sourire le plus sexy plaqué sur le visage, il rapproche ses lèvres du sexe devant lui avant de l’envelopper de sa bouche. Un râle s’échappe de la gorge de son hyung. Et des mains impatientes vient se perdre dans la chevelure blonde du Capitaine. Il prend le temps d’enrouler sa langue autour de la hampe dressée, dessinant des arabesques sur la peau fine et embrassant l’intérieur des cuisses. Les va-et-vient sont lents, ils ont tout le temps, il veut épuiser son partenaire de la plus belle des manières.
Alors qu’il remonte le torse en y déposant des baiser, Seonghwa colle leur deux bassins ensemble, faisant frotter leurs deux érections. C’est un vrai supplice. Pendant un long moment, les mains chauffent le désir, laissant des caresses légères, les bouches sucent et mordent, revendiquant les corps comme s’appartenant mutuellement. Ils sont moite de sueur, frissonnant dans l’air frais du matin.
Hongjoong se saisit de la bouteille de lubrifiant sur la table de nuit et enduit ses doigts généreusement. Sa main redescend pour trouver le sillon fessier et un doigt s’introduit délicatement dans le fourreau de chair. Un deuxième suit assez rapidement, Seonghwa est encore souple de leur dernière fois. Quand Hongjoong sent le noeud sous ses doigts, il commence à le masser et son amant se mord le poignet pour ne pas crier de plaisir et réveiller la maison.
Il s’insère lentement dans le corps et avale les gémissements que pousse le plus âgé au bord de l’implosion. Ils sont si prêts de la libération, submergés de plaisir et d’amour l’un pour l’autre. Ils éjaculent en même temps, leurs bouches scellées dans un baiser ardent.
Il leur faut quelque minutes pour redescendre de leur nuage. Ils sont en sueur, essoufflés et collants de sperme. Ils se nettoient doucement avant de se rallonger. Si Seonghwa se rendort dans ses bras, le Capitaine des Ateez, lui, somnole. Il aime entendre les portes grincer et le parquet craquer, les chuchotements de ses amis qui passent devant sa chambre, les oiseaux qui sifflent sur l’arbre devant la fenêtre.
La maison est au bout d’un chemin de terre, à l’abri des regards. De grands arbres entourent la propriété, garantissant à ses occupants calme et tranquillité. La cuisine s’ouvre sur une grande pièce à vivre lumineuse et une terrasse en bois qui fait presque le tour de la bâtisse. Un petit jardin et quelque arbres fruitiers poussent sur le terrain descendant vers une petite plage privée et un hangar à bateau qui mériterait un bon coup de peinture. Les chambres à l’étage sont claires et chaleureuses. Deux salles de bain complètent le palier.
Le groupe est assis sur la terrasse en bois, la table couverte de victuailles. C’est leur dernier jour dans cet ilot paisible. Ils profitent des heures qui leur restent pour s’offrir un brunch et une réunion de rentrée impromptue. Wooyoung a des idées de chorégraphie, Hongjoong des mélodies plein les oreilles. San et Yeosang ont été contactés pour des photos de mode et veulent embarquer Mingi dans l’aventure. Yunho doit enregistrer une émission musicale en tant que présentateur. Tous ont des projets, seuls ou ensembles. Mais il savent que les managers prendront leurs envies et leurs obligations en compte, sans pression.
Ana les observe pendant que son chocolat chauffe. Les garçons sont détendus, rient et se chamaillent. Il en aura fallu du temps et de la patience pour en arriver là. Pour que ces jeunes hommes apprennent à prendre soin les uns des autres sans s’oublier en chemin.
C’est un réel changement depuis leurs débuts : après le départ de leur directeur artistique, ils avaient pu compter sur le soutien du reste de leur équipe. Finis les entrainements interminables, finis les espionnages, finies les conditions drastiques des contrats. Désormais, Ateez prenait les choses en main, bien secondé par les deux managers. l’Agence avait accepté de ne pas leur imposer un directeur artistique à nouveau, une fois toutes les révélations sur le comportement odieux de leur ancien responsable connues.
Le groupe s’était senti libéré d’un poids énorme, plus libres d’être eux-mêmes. Les fans avaient été ravis de les voir sur les podiums des grandes maison de couture d’Europe, dans des émissions de radio ou même sur des solos.
Tout ça les avait rapproché, ils étaient devenus un soutien les uns pour les autres. Et les mots d’Ana avaient pris tout leur sens : «Vis pour toi et tes envies, aime tes amis mais ne laisse personne te diriger. »
Sur le plan de travail son téléphone sonne, la sortant de ses souvenirs. La jeune femme sourit doucement en voyant le nom de son interlocuteur. Pendant une seconde, elle se souvient de la réaction du groupe en découvrant qu’elle et le manager Moon étaient de la même famille.
« Hello sœurette. Je t’appelle juste pour te prévenir. Les vans arrivent demain à 9H. Je sais que les garçons le savent mais bon, je pense qu’une piqûre de rappel est nécessaire.
-Ouais ouais… je m’en charge. Mais tu pouvais pas les appeler eux ? Ils ont un chef il me semble… dit-elle en soupirant.
-Je l’ai fait figure toi. Hongjoong m’a raccroché au nez avant de m’envoyer un message pour me dire qu’ils seraient prêts.
-Ben alors pourquoi tu m’appelles ?
-Parce que je voulais entendre ta douce voix… quelle heure ce matin ??
-Au lever du jour… j’en peux plus de ces gamins. Entre les deux aînés et le WooSan, je suis à deux doigts de te demander de leur imposer le célibat à nouveau… ajoutes à ça les touristes exigeants et ton fils qui a viré papa de la cuisine pour le forcer à se reposer. C’est décidé : je ferme et je m’octroie deux semaines de vacances après la saison…
-Quatre terreurs sur huit, tu t’en sors pas trop mal.
-Les quatre autres sont plus discrets c’est tout… ils devraient donner des cours à nos acharnés d’ailleurs…
-Je me marre !! Bon allez je te laisse ! Et puis après tout, c’est toi qui as conseillé à Hongjoong de reprendre sa vie en main, non ? Tout ce qui s’est passé depuis n’est que la conséquence de votre discussion sur la plage ce soir-là…
-Note à moi même : ne plus jamais me mêler de vie des autres….
-Tu en es incapable. Tu es comme papa, c’est pour ça que tu es faite pour ce restau. Un endroit où les gens peuvent se libérer de leurs problèmes et où ils trouveront toujours une oreille attentive et un conseil. »
Et la conversation se coupe.
Ana soupire avant de saisir sa tasse et d’ouvrir la baie vitrée.
« Hé la blonde peroxydée… on a des choses à se dire toi et moi… et te marre pas la montagne de muscles, j’en ai autant à ton encontre… »
